8. Des disciples
En 1613, il a vendu son atelier pour tenter probablement d'infructueuses expériences alchimiques. À court de ressources, il s'est remis ensuite, sinon à la fabrication, du moins au commerce des chaussures, ce qui l'a conduit plusieurs fois à Prague. C'est là qu'il assiste aux prodromes de la guerre de Trente Ans et, dans une lettre prophétique, annonce les horreurs qu'elle va entraîner. Reprenant la plume en 1617, il compose en cinq ans une surprenante série d'écrits, notamment le traité de L'Incarnation, les Six Points, le Mystère céleste et terrestre, le De signatura, les Quatre Complexions, les Deux Testaments et le Mysterium magnum, commentaire symbolique des cinquante premiers chapitres de la Genèse. Autour de lui se groupent quelques amis fervents, dont Balthasar Walter, médecin accrédité de plusieurs princes saxons et connu comme kabbaliste. Ces « libres chrétiens », avec lesquels Boehme entretient une importante correspondance, ne pratiquent aucun rite secret et ne s'opposent à l'Église établie que pour se défendre contre des soupçons de plus en plus sévères ; il leur semble que l'expérience dont ils se nourrissent donne au contraire son vrai sens au dogme exotérique, et leur mot d'ordre aurait pu être admis par tous les mystiques orthodoxes : « Notre salut dans la vie de Jésus-Christ en nous. »
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