Théosophe allemand, qu'il serait malaisé de classer dans un système ; aussi bien aucun parti politique ou philosophique allemand ne s'est-il jamais réclamé de lui. Catholique, Franz von Baader a passé presque toute sa vie à prêcher le rapprochement avec l'Église orthodoxe, mais les théologiens officiels l'ont tenu à l'écart. Baader reste inclassable selon les normes courantes parce qu'il est un ésotériste de pure souche. Son style baroque, voire maniériste, mais toujours précis, absolument accordé à sa pensée, rebute le lecteur habitué aux logiques occidentales de type aristotélicien, d'autant que l'œuvre entière se présente sous forme de brochures, de petits écrits de circonstance, dans chacun desquels il touche à tous les problèmes à propos d'un seul. Franz Hoffmann, disciple du théosophe, a heureusement rassemblé ces publications dans des Œuvres complètes parues de 1851 à 1860.
Né à Munich, fils de médecin, lui-même étudiant en médecine, mais peu désireux d'exercer cette profession, Baader se tourne vers la minéralogie, qu'il étudie à Freiberg, en Saxe (1788-1792), où enseigne Abraham Gottlieb Werner, qu'entendra plus tard Novalis. Dès cette époque, Baader se f […]
