2. Parenté et mariage
Ayant perdu leur structure clanique, les Hausa attachent plus d'importance aux liens de parenté bilatérale qu'à la descendance d'un même ancêtre au-delà de trois générations, excepté dans le cas des dynasties royales.
Les femmes vivent chez leur mari, et les frères, même mariés, restent en général chez leur père : l'unité de résidence comprend donc des hommes apparentés, leurs femmes et leurs enfants : la subsistance est assurée par une exploitation agricole commune, à laquelle s'ajoutent les profits individuels de l'artisanat et du commerce. Jusqu'à la fin du xixe siècle ces familles étendues possédaient des esclaves qui habitaient dans l'enclos, et travaillaient les champs, permettant ainsi à leurs maîtres de se livrer à des occupations lucratives. L'adoption est encouragée par la coutume, les époux féconds étant tenus de donner des enfants à leurs parents stériles. La loi musulmane autorise tout homme à avoir un maximum de quatre épouses, qui doivent avoir chacune leur case. Pour des raisons religieuses, les femmes sont cloîtrées dans l'enclos, ce qui les dispense des travaux agricoles et les incite à pratiquer l'artisanat domestique : préparer la nourriture, filer le coton, fabriquer des médicaments qui sont vendus au marché par les jeunes filles ; des motivations économiques se greffent donc sur les principes religieux.
Les divorces sont fréquents : une femme qui se marie vingt fois est taxée de mauvais caractère, mais trois divorces sont normaux. Souvent une mère impose le divorce à sa fille en vue d'une alliance ultérieure plus brillante, et, dans ce cas, la fille et son époux cèdent habituellement, même s'ils s'entendent bien. Toute fille doit être mariée vers l'âge de quatorze ans, même parfois contre son gré ; si elle préfère un autre homme, elle peut lui promettre de venir à lui plus tard et s'arranger pour divorcer. Ainsi, malgré la claustration, dont la sévérité varie d'ailleurs selon chaque mari, les femmes ont la possibilité de disposer d'elles-mêmes dans une certaine mesure.
La prostitution, qui peut ne durer que le temps séparant deux mariages, est un moyen pour la femme d'atteindre à l'indépendance financière. Elle s'accompagne parfois du prestige de la culture et des arts. Les prostituées sont, très souvent, les prêtresses d'un culte lucratif très répandu, le bori.
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