Considérer les religions négro-africaines comme un ensemble susceptible de définitions appropriées renvoyant à des principes et des règles lui donnant une unité serait accorder une spécificité définitive à leurs manifestations et, au-delà de leur diversité, reconnaître un lien commun entre elles qui conférerait à l'Afrique tenue pour une entité homogène une originalité culturelle et – du moins dans ce domaine – spirituelle. Il est nécessaire de préciser en quelques mots en quoi l'on peut parler de spécificité et envisager un ensemble ou seulement dresser un inventaire plus ou moins exhaustif. De toute façon, il faut, dès l'abord, distinguer entre ce que chaque religion exprime d'elle-même (corpus constitué et cohérent à des degrés divers de croyances, renvoyant à une représentation globale de l'univers et des relations que l'homme et sa société entretiennent avec lui) et les fonctions remplies par la religion à l'intérieur même de la société. Quant au premier point, il suffit de rappeler les relations historiques de toutes les religions avec les sociétés qui les ont vu naître ; ces relations sont confirmées par les limites d'expansion des grandes religions révélées, qui n'ont jamais pu empiéter de façon décisive sur leurs domaines réciproques. Il est patent en outre que les religions nouvelles ont toujours été accompagnées, à moins qu'elles ne les aient exprimées, de grandes transformations ou révolutions sociales, déterminant des rapports nouveaux entre les différents éléments de la société.
Il est donc évident que la diversité même des sociétés africaines et des conditions naturelles et historiques de leur développement implique une diversité au moins aussi grande des manifestations religieuses. Cependant l'universalité du problème de la survie de l'individu et du groupe, et les similarités objectives de l'environnement, à l'intérieur de grandes zones, géographiques et climatiques, impliquent, à un niveau très général, des caractéristiques communes. Celles-ci, dépendant d […]
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