3. Un système féodal
Les Hausa sont organisés en États dirigés par une aristocratie peule qui a conquis le pays au début du xixe siècle. Les vieilles capitales fortifiées (Daoura, Kano, Rano, Zaria, Gobir, Katsina, Biram) ont été fondées vers le xie siècle.
Le système politique repose sur des liens d'allégeance personnelle. Chaque État est divisé en unités territoriales centrées sur un bourg entouré de murs, où réside le chef, où se tiennent les marchés et les fêtes musulmanes, où se trouve la mosquée. Ce chef local administre la campagne environnante par l'intermédiaire des chefs d'enclos, ses vassaux. Il est vassal du roi, chef de l'État, qui lui-même était, au xixe siècle, vassal du roi de Sokoto, émirat du nord-ouest du Nigeria, descendant en ligne masculine directe d'un conquérant peul.
Les fonctions ne sont pas strictement héréditaires, les nominations dépendant en partie du bon vouloir du supérieur. Les liens personnels avec le chef sont donc de première importance : ils sont fondés sur la parenté réelle, ou sur la clientèle qui est une parenté fictive et révocable. Le lien de clientèle joue aussi dans la vie privée, par exemple entre un commerçant et son émissaire à qui sont confiées des marchandises précieuses, parce qu'un client est loyal, par définition.
Les chefs locaux ont pour charge principale la levée de l'impôt, qu'ils remettent à leur supérieur en en gardant une partie, les salaires étant inconnus. Il leur appartient aussi de maintenir l'ordre, d'entretenir les murs de la ville, la mosquée, le marché, les chemins. Ils ont des pouvoirs judiciaires limités au droit civil.
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