Sacré, en 1228 par Grégoire IX, évêque de Paris, où il avait été reçu magister theologiae en 1223, Guillaume d'Auvergne a été fortement influencé par les commentaires arabes d'Aristote et se présente à la fois comme le défenseur des ordres mendiants, alors en plein essor, et comme le tenant d'un aristotélisme réinterprété à la lumière de saint Augustin et d'Ibn Gabirol. Il a laissé une œuvre théologique importante, notamment le De primo principio (Sur le premier principe), écrit vers 1228 ; le De anima (Sur l'âme, 1230) et le De universo (Sur l'univers, 1230-1236 env.).
Il reprend à Avicenne la distinction radicale entre les deux sens de l'être (esse) : entre l'essence, qui est aussi substance pure dénuée de tout accident (la quiddité), et le fait d'être, pour une chose qui est (l'existence). Pour Guillaume, comme pour Avicenne, les deux sens de l'être sont radicalement distincts : qu'on imagine l'être qu'on voudra, un chien ou un cheval, jamais l'existence n'entrera dans sa définition à titre de nécessité ; on le peut concevoir sans qu'il existe. Seul Dieu « ne peut être conçu sans l'exister, puisque […]
