L'étude scientifique des systèmes politiques a traversé, historiquement, trois grandes phases. On les a d'abord étudiés en se plaçant au point de vue des institutions et en analysant leur mode de fonctionnement ; cette approche des phénomènes politiques relève, d'une part, d'une perspective juridique et normative, qui accorde une priorité aux superstructures et, d'autre part, d'une perspective mécaniciste, qui envisage un système social à la manière d'un système mécanique, dont les lois de fonctionnement sont données avec le schéma de montage. L'analyse institutionnelle se rattache à une tradition fort ancienne et trouve ses origines dans un contexte culturel où la science politique n'était pas encore nettement distinguée de la philosophie politique.
Depuis le début du siècle, avec l'apparition des nouvelles sciences humaines, surtout de la sociologie, l'attention s'est portée de plus en plus vers l'étude des faits qui sont sous-jacents aux institutions. On a fait remarquer, par exemple, que des institutions très voisines peuvent recouvrir des réalités très différentes selon la nature et le rôle des partis qui, dans les États modernes, sont les porteurs effectifs du pouvoir politique. Aussi a-t-on orienté l'étude de la vie politique vers l'étude des partis, des interactions entre partis et systèmes institutionnels, des différents types de configurations politiques (systèmes à parti unique, à deux ou à plusieurs partis).
Assez rapidement cependant, on s'est aperçu que les partis ne sont pas les seuls groupements qui entrent dans le processus politique et donnent à un système institutionnel sa vraie figure et qu'il faut tenir compte d'autres groupements, qui représentent des intérêts sectoriels (éventuellement portés par des groupes numériquement très nombreux ou stratégiquement très puissants) et qui, dans le contexte de la société industrielle, jouent un rôle important, sinon décisif, dans le fonctionnement de l'appareil politique. On a donné à ces groupements, pour les distinguer des partis, le no […]
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