2. Les derniers films
Greta Garbo nous apparaît combien plus émouvante sous la direction de George Cukor, dans Le Roman de Marguerite Gautier (1937), où elle incarne une superbe Dame aux camélias, et même dans la trop décriée Femme aux deux visages (1941).
Son jeu s'avère étonnamment moderne : Garbo prouve, dans cette comédie où elle incarne la femme américaine type, qu'elle est capable de battre sur leur propre terrain une Joan Crawford ou une Katharine Hepburn. S'il y a un érotisme qui lui est propre, c'est là, à coup sûr, qu'il faut aller le chercher. Enfin, il faut mentionner Ninotchka (1939), où elle rit de bon cœur, à l'instigation narquoise de Lubitsch. On pourrait ajouter les quelques mètres d'essai pour La Duchesse de Langeais (1948), le film que devait tourner aux États-Unis Max Ophüls.
Paradoxalement, ce ne sont pas ces films-là qui ont fait la gloire de Garbo, mais les autres, qui baignent dans une mythologie désuète. Ainsi de ces mélodrames vieillots que sont Le Torrent (M. Bell, 1926), son premier film américain, La Belle Ténébreuse (Fred Niblo, 1928), Terre de volupté (Sidney Franklin, 1929), le grotesque Mata-Hari (George Fitzmaurice, 1931), qui ne supporte pas la comparaison avec l'admirable Agent X 27, de Josef von Sternberg, le décevant Comme tu me veux (G. Fitzmaurice, 1932), où Greta Garbo « pirandellise » sans conviction, au côté d'Erich von Stroheim, ou encore le très surestimé Grand Hôtel (Edmund Goulding, 1932). Il faut dire que Garbo a presque partout affaire ici à des petits-maîtres, figés devant son apparence.
Le cas de La Reine Christine (1932) est sans doute plus complexe, encore que Rouben Mamoulian n'y soit pas au meilleur de sa forme, et que les stéréotypes y abondent : on n'oubliera pas, cependant, la bouleversante séquence de la chambre, où Garbo préfère le souvenir de l'amant à l'amant lui-même, qui se trouve auprès d'elle. La nostalgie d'un amour défunt, et peut-être impossible, est ici à son point c […]
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