Née le 18 septembre 1905 à Stockholm, Greta Lovissa Gustafsson, qui allait devenir la mythique Greta Garbo, connut dix-sept ans de carrière prestigieuse (1924-1941) suivis d'un demi-siècle d'une réclusion totale qui, loin d'avoir altéré son mythe, l'aura conforté durablement.
Greta Garbo a envoûté des générations de spectateurs. Tous ceux qui ont entrepris d'explorer cette personnalité hors du commun, de François Mauriac à Roland Barthes, de John Bainbridge à Truman Capote, de Jacques Audiberti à Henri Agel, ont cédé au dithyrambe, abandonné la terminologie critique traditionnelle. Aucune actrice n'a bénéficié du même statut : la fascination exercée par Marlene Dietrich, par exemple, ou Marilyn Monroe s'exprime à travers des normes terrestres. Alors que, pour définir Garbo, on a volontiers recours à des métaphores telles que « la Divine » « le Sphinx d'Hollywood », ou « l'énigme éblouissante ».
Tout se passe comme si Garbo, « présente-absente » (selon le mot d'Edgar Morin), échappait à la mesure humaine. Les accidents du corps, les outrances du jeu, les aléas de la célébrité n'atteignent en rien l'essence de son « âme » : au contraire, celle-ci se révèle plus radieus […]
