En période économique faste, les studios hollywoodiens avaient conçu un star-system draconien et hautement compétitif : chaque « major company » devait créer une vedette qui, en contrepartie, allait travailler sept ans sous la bannière de la firme. Sous la férule de Harry Cohn, dirigeant de la Columbia, Rita Hayworth devint la star la plus identifiable de l'après-guerre, la plus vulnérable aussi, indissociable de Gilda (1946), archétype du film noir et d'un cinéma érotique jouant à enfreindre les règles du fameux code de censure « Hayes ». Peu de stars auront imposé une présence aussi charnelle et donné à de simples accessoires (le célèbre gant noir) une dimension aussi fortement symbolique.
En 1946, l'actrice avait déjà une carrièr […]

