Parmi les créations les plus remarquables de la Grèce figure celle du genre théâtral, tragique et comique. Les premiers, les Grecs ont imaginé de produire devant le peuple assemblé, dans un dialogue réglé, des acteurs incarnant des héros des anciens mythes ou de simples hommes de la société contemporaine et de les introduire dans une intrigue suivie et complète, elle-même divisée en actes (épisodes). Entre ceux-ci, un chœur commentait l'action par des chants lyriques. Il intervenait aussi dans les épisodes par la voix de son chef. La tragédie du ve siècle, dont les usages ont été codifiés en règles par Aristote au siècle suivant, sera imitée par les Latins (Sénèque), mais surtout elle fournira un modèle à tout le drame occidental à partir de la Renaissance.
Si la comédie « ancienne », celle du ve siècle av. J.-C., était trop marquée du sceau attique pour s'adapter à d'autres sociétés, la comédie dite nouvelle, vers la fin du siècle suivant, sera notamment illustrée par le nom de Ménandre. À travers Plaute et Térence, on peut y voir la source de Molière et de notre comédie classique.
La musique de la Grèce antique mérite en tant que telle une réflexion approfondie. Il se peut qu'elle n'ait été, objectivement parlant, que l'une parmi beaucoup d'autres de ces innombrables et très anciennes musiques dites « primitives » qu'étudie aujourd'hui l'ethnomusicologie, et cette thèse, qu'on eût jadis étiquetée sacrilège, ne manquerait pas d'arguments. La musique grecque n'en tient pas moins, dans l'histoire des idées, une place tout à fait à part, solidaire sans doute du prestige de son contexte social, littéraire ou architectural, due aussi à l'intelligence et à la solidité d'une théorie peut-être établie a posteriori, mais sans autre exemple dans les civilisations qui lui étaient contemporaines. En tant que pratique musicale vivante, on peut considérer que la musique grecque antique disparut sans descendance aux alentours du iiie ou du ive siècle après J.-C. Pendant près de 1 500 ans cependant, les musiques bien diff […]
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