2. La musique grecque antique
• Le temps des dieux
Comme celle de tous les peuples anciens ou primitifs, l'histoire de la musique grecque commence par des légendes. Son origine met en scène dieux et déesses, en une longue série d'histoires souvent aussi variées qu'inconciliables entre elles. On y trouve Hermès et Apollon, Dionysos et Héraclès. Des héros mythiques, comme Orphée le chanteur thrace ou Amphion le bâtisseur de Thèbes qui faisait mouvoir les pierres au son de sa lyre, ont peut-être été des personnages réels avant que l'imagination ne les idéalise.
L'étude comparée de ces légendes laisse assez bien deviner le conflit de deux couches de civilisations, s'exprimant chacune par une musique propre et des instruments caractéristiques. L'une, sédentaire et agricole, engendre des mythes chthoniens célébrant en symboles le retour des saisons et la croissance des récoltes, principalement la vigne. Elle s'exprime par des percussions et des instruments à vent, dont l'aulos deviendra le chef incontesté. Autour de Déméter et Perséphone s'édifient les mystères (ceux d'Éleusis sont les plus célèbres, mais non les seuls) et se montent de véritables drames liturgiques à valeur d'initiation, où la musique tient un rôle fondamental. Autour de Dionysos s'organisent des processions carnavalesques où l'on chante, boit et danse, et d'où bientôt sortiront le dithyrambe, puis le drame satyrique, enfin la comédie et la tragédie classiques, même si, de temps à autre, cette origine se voit sporadiquement discutée.
Sur ces peuples sédentaires déferle, périodiquement, la masse tantôt pacifique et tantôt belliqueuse d'une autre civilisation, pastorale et nomade, qui possède elle aussi ses dieux, ses mythes et ses coutumes. Ses instruments préférés ne sont plus l'aulos à anche végétale, mais la lyre ou la cithare aux cordes de boyau animal. À Hermès et à Pluton, ils opposent Apollon, et le combat cruel de ce dernier avec le satyre Marsyas, joueur d'aulos, symbolise la lutte des deux conceptions ; leur ré […]
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