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POMPIDOU GEORGES (1911-1974)

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Sommet européen de Paris, 1972

Une présidence écourtée, rejetée dans l'ombre par celle de son prestigieux prédécesseur ; une personnalité consensuelle, dont l'absence apparente d'aspérités semble peu prêter à commentaire : la figure et le rôle de Georges Pompidou dans l'histoire politique française restent parfois négligés. Celui-ci mena pourtant aux sommets de l'État une action intense et prolongée, imprimant une marque profonde dans les institutions de la Ve République et orientant durablement les choix politiques du nouveau régime.

1.  Un professeur tombé en politique

Né à Montboudif (Cantal) en 1911, Georges Pompidou grandit à la campagne, élevé par des parents enseignants issus de lignées de paysans et de petits commerçants. Après une scolarité à Albi et à Toulouse, il gagne Paris pour suivre la khâgne de Louis-le-Grand, puis intègre l'École normale supérieure de la rue d'Ulm en 1931. Son éclatante réussite scolaire conditionna sa foi dans une république progressiste et méritocratique, selon laquelle le travail constitue la voie majeure de promotion sociale. C'est aussi durant cette période estudiantine qu'il noue son premier contact, nettement situé à gauche, avec la politique, en adhérant à la Ligue d'action universitaire républicaine et socialiste, en pointe dans le combat antifasciste. Major à l'agrégation de lettres (1934), il obtient également le diplôme de l'École libre des sciences politiques. Il enseigne à Marseille, puis à Paris au prestigieux lycée Henri-IV, avant d'être mobilisé en 1939-1940. Revenu enseigner dans la capitale, il rejette le régime de Vichy, mais reste « passif », selon ses propres dires, et ne rejoint pas la Résistance.

Ce n'est qu'à la Libération que Pompidou commence, à trente-quatre ans, sa carrière politique, grâce à l'appui de son ancien camarade de khâgne, René Brouillet, directeur adjoint du cabinet du chef du Gouvernement provisoire, qui cherchait un talent de plume pour traiter des questions de presse et d'éducation. Pompidou n'est pas resté longtemps ce « norm […]

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ALGÉRIE

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