4. Post-gaullisme ou néo-gaullisme ?
Après la mort de Georges Pompidou en 1974, le destin du gaullisme apparaît moins clair. Privé d'un leader naturel en la personne du chef de l'État, puisque durant plus de vingt années l'Élysée sera occupé par le libéral Valéry Giscard d'Estaing puis par le socialiste François Mitterrand, il se réduit à la formation gaulliste. Encore celle-ci se trouve-t-elle déchirée en 1974 entre les gaullistes orthodoxes qui ont soutenu la candidature à la présidence de la République de Jacques Chaban-Delmas et les pompidoliens qui, derrière Jacques Chirac, ont fait échouer celle-ci en favorisant l'élection de Valéry Giscard d'Estaing.
La nomination de Jacques Chirac comme Premier ministre en mai 1974, sa prise d'assaut de l'U.D.R. malgré la résistance des « barons » en décembre, puis la mise à l'écart de ceux-ci, constituent clairement le gaullisme, selon la voie pompidolienne, en composante d'une droite dont elle est le centre de gravité. La rupture entre Valéry Giscard d'Estaing et son Premier ministre, marquée par la démission de ce dernier en août 1976, puis la transformation en décembre 1976 de l'U.D.R. en Rassemblement pour la République (R.P.R.), machine politique destinée à soutenir les ambitions présidentielles de Jacques Chirac, scellent le destin du gaullisme. L'histoire de celui-ci se confond désormais avec la longue liste des coups d'éclat et des échecs de Jacques Chirac, ces derniers étant suivis de crises récurrentes de la formation néo-gaulliste dont son principal dirigeant finit toujours par triompher. Son élection à la présidence de la République en 1995, puis sa réélection spectaculaire dans des circonstances pour le moins inattendues en 2002, enfin la conquête la même année d'une majorité nette aux élections législatives représentent-elles une résurrection du gaullisme absolu de l'époque du général ?
La réponse paraît clairement négative. Moins en raison d'une quelconque trahison du gaullisme par ses lointains héritiers, encore que la référence ritu […]
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