3. « Rhythm is my Business »
Ella Fitzgerald n'a jamais renié ses origines populaires ni méprisé aucun genre. C'est avec un classicisme naturel qu'elle sait chanter les noëls, la bossa-nova et même la pop music. La comédie musicale américaine – qu'elle soit signée George et Ira Gershwin, Cole Porter, Irving Berlin, Rodgers et Hart, Harold Arlen ou Jerome Kern – trouve en elle une incomparable interprète. La chanteuse d'orchestre a rarement été égalée, même si Sarah Vaughan et Anita O'Day constituent une prestigieuse filiation. Dans son chant, aucunes traces de la révolte plaintive du blues. Simplement, une présence lumineuse, une joie amoureuse, une chaleur irradiante qui font merveille dans les ballades et standards du jazz. L'ambitus de la voix est exceptionnel – deux octaves et demi –, la virtuosité rythmique et la justesse, phénoménales. Les amateurs admirent une éblouissante technique, une plastique vocale splendide et contrôlée, une fantaisie poétique qui lui permet d'improviser une conversation avec les jets ou les grillons. Mais qui a pu résister à l'énergie, à la souplesse et à la grâce de son swing, aux couleurs délicieusement ingénues de son timbre, à ses facéties débridées ? Ella Fitzgerald a trouvé la recette de l'éternelle jeunesse.
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