2. « Total Jazz »
Concerts et disques se succèdent alors à un rythme effréné. Si Ella Fitzgerald se produit beaucoup en trio avec l'élite des pianistes – Oscar Peterson, Ellis Larkins, Hank Jones, Don Abney, Paul Smith, Lou Levy, Tommy Flanagan, Ray Bryant, Jimmy Jones, Jimmy Rowles –, on trouve à son côté des musiciens de la stature de Ray Brown (qui fut son mari), Dizzy Gillespie, Joe Pass, Barney Kessel, Lester Young, Benny Goodman, Illinois Jacquet, Paul Gonsalvez, Coleman Hawkins ou Roy Eldridge. À de nombreuses reprises, elle est l'invitée de Count Basie et de Duke Ellington. Ce dernier lui offre un imposant Portrait of Ella Fitzgerald en quatre mouvements aux titres évocateurs : Royal Ancestry, All Heart, Beyond Category et Total Jazz... Elle est la voix qui casse le verre dans la mémorable publicité pour la cassette Memorex. Jusqu'à la fin des années 1970, son activité reste très soutenue, au concert comme au disque, ce qui ne lui vaut pas moins de onze Grammy Awards, sortes d'oscars pour la musique aux États-Unis. Les présidents Ronald Reagan et Bill Clinton tiendront à saluer cette personnalité hors du commun. Très sollicitée par le cinéma, elle participe à de nombreux films : Pete Kelly's Blues (Jack Webb, 1955), Saint Louis Blues (Allen Reisner, 1958), Let no Man Write my Epitaph (Philip Leacock, 1960), Duke and Ella in Antibes (Norman Granz, 1966). Jack Lang lui remet en 1990 les insignes de commandeur des Arts et Lettres. Elle n'a pas cédé aux délices et ravages de la drogue, mais connaît d'incessants problèmes de santé : perte progressive de la vue, double pontage coronarien, diabète. Elle doit même endurer, en 1993, une amputation des deux jambes. Ella Fitzgerald disparaît le 15 juin 1996, à Beverly Hills, en Californie.
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