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HOLIDAY BILLIE (1915-1959)

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Billie Holiday

« Alors que sa technique est celle d'une diseuse, son art du phrasé et de la mise en place, très proche de celui du saxophoniste Lester Young, exhibe au premier plan l'effort qui le produit au lieu d'en gommer la trace. Il n'est pas travaillé mais constamment en travail, résistance admirable de l'esthétique africaine où importe non pas l'œuvre mais l'ouvrage qui lui donne sa forme. » (Alain Gerber).

Son univers – celui de la rengaine commerciale et de la mélodie populaire – parait à mille lieues de la grande tradition que personnifiaient, nobles et hiératiques, Ma Rainey et Bessie Smith. Les lourdes effluves du blues – qu'elle a si rarement chanté : à peine 20 faces sur près de 260 enregistrées – envahissent pourtant irrésistiblement une vie brûlée par l'alcool, le tabac et la drogue, une existence violentée par le racisme, le mépris des femmes et la misère irrémédiable. Comme personne avant elle, Billie Holiday porte l'ardent témoignage de cette désespérance jusque dans la plus insipide niaiserie, avec un art du chant qui réunit dans la même émotion grand public, intraitables amateurs, et les plus grands du jazz, qui se sont fait une gloire de se mettre humblement à son service.

1.  Billie's Blues

Eleanora (Elinore, Elenoir ou encore Eleanor, selon les documents) Holiday naît le 7 avril 1915 à Philadelphie (Maryland). On sait peu de choses sur sa petite enfance, passée à Baltimore : a-t-elle, comme elle l'affirme dans son autobiographie, Lady Sings the Blues, été violée par un familier à l'âge de dix ans ? Il ne subsiste en tout cas aucune trace de cet événement dans les archives locales. Il est toutefois avéré qu'un tribunal pour enfants la confie, en 1925, à la House of the Good Shepherd for Colored Girls (« Maison du Bon Berger pour les petite filles de couleur »). En 1927 ou 1928, celle qui se fait désormais appeler Billie (en hommage à l'actrice Billie Dove) part pour New York, où, pour subsister, elle se serait livrée passagèrement à la prostitution. Quoi qu'il en soit, c'est à cette […]

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Écrit par :  Philippe CARLESJean-Louis CHAUTEMPSMichel-Claude JALARDEugène LLEDO Universalis

Dans le chapitre "Le « middle jazz » (1930-1944)"  : …  (How High the Moon) ; une autre énonce une amertume tragique qui la conduira à la mort : *Billie Holiday (Strange Fruit). La perfection rythmique de l'ère swing doit beaucoup aux batteurs (Jo Jones d'abord, batteur de Count Basie, Cosy Cole, Chick Webb et Sid Catlett), ainsi qu'aux bassistes Jimmy Blanton, de chez Ellington, et… Lire la suite

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