Disciple de Jimmy Blanton, qui avait transformé la contrebasse, jusqu'alors cantonnée dans un rôle de simple soutien rythmique, en un instrument soliste capable d'improvisation mélodique, l'Américain Ray Brown s'est affirmé comme un des contrebassistes les plus accomplis de l'histoire du jazz. On peut certes trouver virtuoses plus agiles ou improvisateurs plus inventifs. Mais ce maître rythmicien à l'enthousiasme communicatif a su développer un jeu précis – caractérisé par une parfaite synchronisation des deux mains et par une main gauche exceptionnelle – avec une sonorité puissante sur toute l'étendue du registre de son instrument. Champion de la walking bass (basse « ambulante », réalisée en pizzicato avec une maestria produisant une impression de marche), il savait tenir le tempo avec un swing aussi solide qu'efficace.
Raymond Matthews Brown naît le 13 octobre 1926 à Pittsburgh (Pennsylvanie). Sa famille n'ayant pas les moyens de lui offrir le trombone dont il rêve de jouer, il se tourne vers la contrebasse, empruntée à l'orchestre de son école. En 1943, il est déjà capable de se produire sur cet instrument dans des clubs. En 1945, il s'établit à New York, où il fréquente les établissements de la 52e Rue et de Time Square. Il y côtoie les pianistes Erroll Garner, Art Tatum et Hank Jones, la chanteuse Billie Holiday, le saxophoniste Coleman Hawkins... Il rejoint les petites formations qu'anime Dizzy Gillespie puis intègre le grand orchestre de ce dernier (1946-1947). C'est pour Ray Brown l'occasion de donner la réplique à Bud Powell, Max Roach et Charlie Parker. En 1947, à l'invite de Norman Granz, il remplace au pied levé le bassiste défaillant pour un concert du J.A.T.P. (Jazz At The Philharmonic) : l'expérience est tellement concluante qu'il y sera réengagé dix-huit ans de suite.
En 1948, Ray Brown épouse la chanteuse Ella Fitzgerald, dont il demeurera le fidèle accompagnateur malgré leur divorce en 1952. En 1951 et 1952, Ray Brown joue au sein du Milt Jackson Quartet – ébauche du Modern Jazz Quartet […]
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