La première des Congregationes de auxiliis divinae gratiae, c'est-à-dire des assemblées de théologiens catholiques réunies à propos du molinisme, s'est tenue à Rome à titre de commission de censure chargée de se prononcer sur le livre de Molina, Concordia liberi arbitrii cum gratiae donis (1588), mis en cause en juin 1597 par le dominicain D. Báñez. Elle trancha, après deux sessions et de nombreuses réunions, dans le sens de la condamnation du molinisme, l'accusant d'être contraire à l'enseignement de saint Augustin et de saint Thomas sur la grâce et la prédestination. Mais diverses interventions empêchèrent le pape Clément VIII de prononcer la censure ; il décida de substituer à la procédure juridique des rencontres de théologiens, limitées à l'examen d'un point essentiel : le fondement de la grâce efficace. L'efficacité de cette grâce est-elle due à la prédétermination divine sur la volonté humaine (thèse des Dominicains) ou à la conformité du décret divin à la prescience que Dieu a des libres décisions humaines (thèse des Jésuites) ? Les rencontres ne purent que mettre en évidence l'irréductibilité des points de vue entre les deux écoles.
Conscient de […]
