Prototype de la plante vénéneuse, non seulement dans une famille ambiguë où les meilleures condimentaires et des potagères de première importance ont souvent leurs sosies toxiques, mais aussi dans toute l'étendue de la flore d'Europe, la grande ciguë (Conium maculatum L. ; ombellifères) a des propriétés délétères connues depuis la plus haute antiquité. Cinq siècles avant notre ère, les hippocratiques la prescrivaient en topique sur les ulcères et les hémorroïdes et, en usage interne, comme calmante dans les maladies nerveuses, la toux, etc. Couramment usitée par les Grecs et les Latins des premiers siècles historiques, la ciguë conservera une bonne place parmi les remèdes héroïques des pharmacopées anciennes. Marcellus, médecin du ive siècle, connaissait, comme Ovide, son pouvoir anaphrodisiaque. J. Wier, au xvie, l'employait contre les maladies cutanées rebelles. P. Réneaulme (Blois, 1606), la jugeait spécifique des tumeurs des glandes abdominales. Le toxicologue A. Stoerck, médecin de la cour de Vienne, lui consacra en 1761 une monographie qui la mettait rang bien incertain des anticancéreuses.
Cinq alcaloïdes combinés aux […]
