Le canal de Panamá, inauguré officiellement le 15 août 1914, relie les océans Atlantique et Pacifique par l'étroit isthme de Panamá. Long d'environ soixante-cinq kilomètres, il constitue, avec le canal de Suez, l'une des deux voies d'eau artificielles les plus stratégiques au monde. Les navires qui empruntent le canal pour relier les côtes est et ouest des États-Unis, ou une côte de l'Amérique du Nord et la côte opposée de l'Amérique du Sud, ou encore pour aller de l'Europe vers l'Asie ou l'Australie, sans contourner le cap Horn, raccourcissent leur voyage de plusieurs milliers de kilomètres.
Enjeu à la fois économique et politique convoité par les grandes puissances, le percement du canal a fait l'objet de divers projets au xixe siècle. Face à l'échec de la Compagnie privée gérée par Ferdinand de Lesseps, ce sont les États-Unis qui construisent le canal au début du xxe siècle et en obtiennent la concession à perpétuité (traité Hay-Bunau-Varilla de 1903). Remis en cause à plusieurs reprises, ce traité est annulé en 1977 avec la signature des traités Torrijos-Carter, par lesquels la république du Panamá deviendra, le 31 décembre 1999, propriétaire et gestionnaire du canal.
1. Les caractéristiques du canal
Le canal de Panamá se trouve au plus bas point de la ligne de partage des eaux américaines, et ne traverse pas l'isthme d'est en ouest comme on peut le supposer. Dès son entrée, à Colón, sur l'Atlantique (mer des Caraïbes), le canal se dirige vers le sud à travers les écluses de Gatún jusqu'au lac éponyme. Il s'oriente alors à l'est et dirige son cours vers le sud-est jusqu'à la baie de Panamá, dans le Pacifique. Il se termine près de Balboa, à environ quarante kilomètres à l'est de Colón.
Pour passer de l'Atlantique au Pacifique, les navires entrent par la baie de Limón, empruntent le chenal d'accès sur environ onze kilomètres, puis rejoignent les écluses de Gatún. Ils atteignent ainsi, vingt-six mètres plus haut, le lac Gatún (425 km2), formé par un barrage sur le río Chagres et alimenté également […]
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