3. Industrie et tourisme
L'Auvergne, compte tenu du dispositif de son relief, humide obstacle aux vents d'ouest opposable à la sécheresse des plaines et bassins, a constitué très tôt, grâce à la force hydraulique, une « montagne atelier ». Au contact plaine-montagne se sont opérées des concentrations de villes pré-industrielles aux productions reconnues : papeterie, coutellerie à Thiers, fabrication de chapelets et tissage à Ambert, tissage encore et fabrication de lames et outils autour de Sainte-Sigolène (ces derniers lieux relevant d'une grande mouvance stéphanoise et lyonnaise), textiles, cuirs, papeterie, confiserie et pâtes de fruits à Clermont-Ferrand, parapluies et meubles à Aurillac, etc.
Contrairement à une idée reçue, la région a connu elle aussi la révolution industrielle, grâce à ses ressources charbonnières, qui ont donné naissance à de véritables « pays noirs », certes réduits mais bien réels : bassin de Montluçon-Commentry, de Saint-Éloy-les-Mines, de Messeix, de Brassac-les-Mines... On y a développé, comme dans le Stéphanois voisin, de la sidérurgie, de la métallurgie lourde, de la chimie de base et du textile pour employer les femmes (du moins à Montluçon, le reste ne dépassant guère le stade charbonnier). Il en reste des paysages et des crises de reconversion vers la construction mécanique, électrique (Valeo à Brassac) et, dans une certaine mesure, vers le high-tech (Sagem à Montluçon).
Mais, surtout, les villes se sont industrialisées après l'arrivée du chemin de fer, au milieu du xixe siècle, qui a permis l'accès aux matières premières et aux marchés. L'exemple de Clermont-Ferrand est éloquent, puisque l'industrie du caoutchouc est née de la reconversion réussie d'industriels locaux, Michelin notamment. Et il ne s'agit pas non plus d'une mono-industrie : la métallurgie, la mécanique, le textile sont présents tout au long du xixe et du xxe siècle.
Dès l'entre-deux-guerres, l'Auvergne bénéficie du repli stratégique d'entreprises qui voulaient s'éloigner […]
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