Vichy, sous-préfecture de l'Allier, compte 26 000 habitants dans la commune et plus de 81 000 dans l'aire urbaine (chiffres de 2007). La ville peut se prévaloir d'un passé gallo-romain et thermal, attesté par de nombreuses découvertes archéologiques. Puis elle s'étiole. Posée sur un pointement rocheux qui resserre le lit de l'Allier et permet son passage, elle n'est au Moyen Âge que la place forte qui en commande le franchissement, et le port de grève de Cusset, la troisième des grandes cités du Bourbonnais, avec Moulins et Montluçon.
Le thermalisme moderne révolutionnera la ville. Il est relancé, modestement, aux xviie et xviiie siècles. C'est le premier Empire qui crée véritablement l'urbanisme vichyssois autour du parc des Sources et des établissements thermaux. Mais la station s'épanouit après l'arrivée du chemin de fer (1863), qui entraîne la création d'une compagnie fermière gérant les eaux, passées ici au domaine de l'État. Et c'est la conjonction du capital privé et de la sollicitude publique qui fait de Vichy, dès le second Empire, la « reine des villes d'eaux », mondialement connue, avec un ensemble architectural de premier plan (thermes, hôtels, villas), structuré autour de 400 hectares de parcs et d'un plan d'eau artificiel créé sur l'Allier.
La splendeur vichyssoise est réelle jusqu'en 1939, avec 200 000 « baigneurs » et plus de deux millions de visiteurs annuels. Son remarquable équipement hôtelier, équivalent à celui de Nice, une excellente liaison ferroviaire avec Paris, l'existence du central téléphonique le plus moderne de France lui valent d'ailleurs d'être choisie comme siège du gouvernement de l'État français de 1940 à 1944. L'après-guerre ouvrira une période de déclin pour la ville, avec la mise en place du thermalisme médicalisé. Un cadeau empoisonné qui, après un maintien jusqu'en 1962, où l'on affiche encore 30 000 curistes (surtout des coloniaux venus soigner leur foie), voit la fréquentation s'effondrer. Elle s'établit aujourd'hui à 10 000 curistes, grâce à une réorie […]
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