La révélation du passé préhistorique du subcontinent indo-pakistanais a commencé dans la deuxième moitié du xixe siècle, avec la construction du chemin de fer Karachi-Lahore qui entraîna la découverte, en 1856, des ruines de Harappa, une des deux grandes métropoles de la civilisation de l'Indus. La destruction d'une partie du site de Harappa, dont les briques servirent alors de matériau de construction pour le ballast, mit au jour un certain nombre d'antiquités, notamment des cachets décorés de représentations animales et portant des inscriptions pictographiques d'un type inconnu. Plusieurs de ces cachets trouvèrent alors le chemin du British Museum où ils éveillèrent la curiosité des spécialistes. Aussi, dans la première moitié du xxe siècle, sir John Marshall, directeur du service des antiquités de l'empire des Indes, décidait-il d'entreprendre un vaste programme de fouilles pour élucider l'énigme posée par cette mystérieuse civilisation. Rappelons qu'un ensemble de références dans les textes bibliques laissait supposer l'existence, sous les sables du Proche-Orient, d'anciennes civilisations dont les archéologues allaient peu à peu retrouver les traces. En revanche, le dégagement dans la vallée de l'Indus, dans les années 1920 et 1930, de villes immenses dont l'urbanisme – plan des rues en damier, système d'égouts publics et installations sanitaires – est tout à fait exceptionnel, provoqua une très vive surprise. La découverte de quelques cachets dans le style de la civilisation de l'Indus, sur des sites mésopotamiens de la deuxième moitié du IIIe millénaire et du début du IIe millénaire, permettait d'assigner un cadre chronologique à cette civilisation toujours auréolée de mystère. À la même époque sir Aurel Stein s'attachait à l'exploration des zones très arides et difficiles d'accès du Baluchistan, qui l'amena à découvrir de nombreux sites antérieurs à la civilisation de l'Indus. Mais ces villages de taille très modeste ne semblaient guère fournir d'éléments pour expliquer l'apparition d'une grande civilisation sur les bords de l'In […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 25 pages…



