6. Les rapports de la civilisation harappéenne avec l'Asie centrale et la fin des villes de l'Indus
La fin de la civilisation de l'Indus, vers 1800 avant J.-C., a presque toujours été considérée comme un phénomène brutal à caractère dramatique. On a très souvent attribué cette fin à l'action d'envahisseurs originaires d'Asie centrale qui auraient précédé les migrations indo-européennes ou en auraient constitué la première vague. Ces nouveaux arrivants, pasteurs nomades de nature belliqueuse, auraient alors pillé les villes et détruit de façon durable l'économie sédentaire agricole des plaines. Ainsi s'expliquait le vide archéologique que l'on croyait voir régner dans ces régions jusqu'au Ier millénaire, et qui marquait une rupture complète entre les cultures chalcolithiques et harappéennes d'une part et la civilisation de l'Inde historique d'autre part. Pour d'autres spécialistes, ces invasions ou migrations auraient été favorisées par des catastrophes naturelles, épuisement des sols, série d'inondations exceptionnelles ou mouvements tectoniques barrant le cours de l'Indus. Nous ne possédons cependant aucune indication sur de tels phénomènes qui ne peuvent expliquer les mécanismes complexes de transformation des sociétés du IIe millénaire.
Pour une nouvelle approche de ces problèmes d'invasions, il faut considérer les progrès faits dans le domaine des recherches archéologiques en Asie centrale, foyer de ces éventuels mouvements de populations pastorales. Les travaux soviétiques ont révélé en effet l'existence en Turkménie méridionale d'une importante phase urbaine, celle de Namazga V, où de grandes villes comme Altin Tépé et Namazga Tépé entretiennent, vers 2000 avant J.-C., des relations avec la civilisation de l'Indus. L'extrême fin du IIIe millénaire et les premiers siècles du IIe millénaire correspondent dans l'Afghanistan occidental et l'Ouzbekistan méridional à l'épanouissement de la civilisation de l'âge du bronze en Bactriane. Cette époque voit en particulier la construction de l'impressionnant pa […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 25 pages…



