10. Les villages « néolithiques » et « chalcolithiques » de l'Inde du Sud (IIIe-Ier millénaire av. J.-C.)
Les premiers établissements néolithiques du Karnataka, au sud du plateau du Deccan (Mysore et Andhra Pradesh), dont les plus anciens pourraient dater de 3000 avant J.-C., sont constitués par des tertres de cendre (ash-mounds), comme ceux d'Utnur, Kupgal, Kodekal ou Pallavoy. Ces tertres marquent l'emplacement d'enclos en branchages qui servaient à garder des troupeaux de zébus (Bos indicus), et dont les sols, constitués par des strates de bouse de vache, ont brûlé de nombreuses fois. Ces populations, dont la vie est essentiellement liée à l'élevage et sans doute à la capture de bovins, ont fabriqué de nombreuses haches en pierre polie et utilisé une poterie très grossière. Le métal semble encore inconnu, quelques objets de cuivre apparaissant seulement dans une phase suivante, sans doute après 2000 avant J.-C. Cette deuxième phase nous est connue par un ensemble de villages à huttes rondes, comme Tekkalakota, Piklihal, Sanganakallu, Maski ou Brahmagiri. La céramique, dont les formes se diversifient, subit l'influence des sites du nord du Deccan (culture de Malwa et de Jorwe) ; l'industrie lithique, lames et haches de pierre polie, reste inchangée jusqu'à l'âge du fer. L'élevage des bovins continue d'être l'activité principale. On signale la présence à Tekkalakota et à Hallur d'une variété de millet, le « ragi » (Eleusine coracana) qui conserve encore de nos jours un rôle très important dans l'agriculture de ces régions. Les inhumations sont faites en position allongée, avec parfois un mobilier funéraire : haches de pierre polie, lames de silex, poteries. Comme dans la culture de Jorwe, les enfants sont enterrés dans des urnes.
Avec les premiers objets de fer apparaît dans les complexes culturels du sud de l'Inde une céramique noire et rouge, qui correspond sans doute à une influence des sites du nord. Les modes funéraires se diversifient ; on note des exemples de tombes pavées de dalle […]
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