6. Théorie spectrale et analyse fonctionnelle
On sait qu'un problème célèbre de mécanique consiste à déterminer les « petites oscillations » au voisinage d'une position d'équilibre d'un système formé d'un nombre fini de solides, donc « à un nombre fini de degrés de liberté » (ce qui signifie que l'état du système est entièrement connu par la donnée d'un nombre fini de paramètres réels qj(1 ≤ j ≤ n) qui varient en fonction du temps t). La solution, due à Lagrange, consiste à chercher les « oscillations propres » (ou « en phase »), c'est-à-dire de la forme qj(t) = cjϕ(t), où cj est une constante, et où figure pour tous les indices j la même fonction du temps ϕ (t) ; en admettant que l'énergie du système est un polynôme quadratique par rapport aux qj, et en cherchant, pour la commodité du calcul, les solutions complexes des équations du mouvement, on trouve qu'il n'y a qu'un nombre fini de fonctions ϕ(t) possibles, de la forme exp (iλkt), où les nombres λ2k sont les valeurs propres d'une matrice carrée symétrique U = (aji) d'ordre n. Si les λ2k sont supposés distincts, il correspond à chacun d'eux un vecteur propre ck = (ckj) 1 ≤ j ≤ n, solution de l'équation U(x = λ2kx ; toute « oscillation » du système donné est alors combinaison linéaire des oscillations propres qk (t) = ck exp (iλkt).
La mécanique des milieux continus conduisait à des problèmes analogues, mais avec « une infinité de degrés de liberté » ; les exemples les plus simples en sont les petites oscillations d'une corde ou d'une membrane tendue : la forme de la corde (ou de la membrane) ne peut être décrite par un nombre fini de fonctions du temps seu […]
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