4. La tradition urbaine
Sur le plan urbain, l'Allemagne peut compter sur un riche héritage. Une première période de création urbaine a été l'époque romaine : Trèves, Mayence, Coblence, Cologne, Augsbourg... L'Église catholique y a installé, le plus souvent, les évêchés. Le Moyen Âge a vu la création de centaines de villes. À la fin de celui-ci, on comptait, en Allemagne, près de quatre mille villes (communes ayant le droit urbain). Vingt-cinq seulement avaient plus de dix mille habitants. Mais le fait urbain était généralisé, et il allait se révéler fertile pour la suite. En effet, la ville, centre d'échanges, organise l'espace. À l'ère industrielle, ces petites villes (telles les villes de la Ruhr) allaient devenir les « centres d'accueil » pour les industries naissantes. Le morcellement politique allait favoriser, à partir du xvie siècle, l'éclosion de villes princières (Residenzstädte), petites capitales d'entités politiques plus ou moins indépendantes du pouvoir impérial. Il s'y ajoute, depuis le Moyen Âge, les villes libres impériales (freie Reichstädte) soumises à un empereur lointain et jouissant d'une très large autonomie. La Réforme et la ContreRéforme ont donné à un certain nombre de villes des caractères spécifiques. En effet, pour défendre leurs idées, leur religion, autorités protestantes et autorités catholiques créent des universités (xvie s.), qui vont apporter une contribution importante à la vie culturelle et à la vie économique. Au xixe siècle apparaît une nouvelle génération de villes : les villes industrielles. Mines de charbon, sidérurgie, textile provoquent la concentration autour des usines. Le chemin de fer accentue ce mouvement. Certaines villes anciennes sont revigorées par les activités nouvelles. Mais nombre de petits centres connaissent une véritable explosion démographique. C'est le cas dans la Ruhr. Dans la seconde moitié du xixe siècle naît aussi la Großstadt, c'est-à-dire la ville industrielle de plus de cent mille habitants. Ce chiffre semble […]
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