Le vent et les eaux de ruissellements ou d'écoulements divers, y compris solides (glaces), sont susceptibles de développer des actions d'ablation, de transport et de dépôt, en chaque point de leurs trajectoires, selon le bilan qui s'établit entre l'énergie dont ils disposent et leur charge. Ce type d'accumulation relève naturellement des activités fluviatiles, glaciaires ou éoliennes.
1. Accumulation fluviatile
L'accumulation due aux ruissellements et aux écoulements provoqués par la pluie et les fusions nivale ou glaciaire représente le type le plus universellement répandu à la surface des continents, les régions aréiques n'ayant guère d'existence réelle. Aussi engendre-t-elle une famille de formes très fréquentes et fort diversifiées. Prolongée et développée sur de vastes espaces, en particulier, elle aboutit à l'édification d'une surface d'aggradation. En revanche, l'alluvionnement n'est qu'un phénomène temporaire de dépôt, dont les éléments sont toujours susceptibles d'être mobilisés à nouveau lors des crues. Il s'agit donc d'un matériel en transit.
D'une façon générale, l'accumulation fluviatile découle d'un déséquilibre persistant entre les débits solide et liquide en faveur de la charge. Les causes en sont variées et peuvent intervenir aussi bien en périodes de stabilité des conditions de la morphogenèse qu'à la faveur de crises morphogéniques majeures.
• Accumulation en périodes de stabilité
Toute cause susceptible de provoquer un ralentissement du flot entraîne un état de surcharge. Un cas banal est celui du débordement des crues dans le lit d'inondation. Le freinage provoqué par la diminution de la profondeur et le rôle de piège joué par la végétation arborée et buissonnante des rives déclenchent l'édification de levées naturelles ou bourrelets de rive, entre le lit mineur (ou ordinaire) et le lit majeur (ou d'inondation). En deçà s'édifie une plaine alluviale par sédimentation de la charge sablo-limoneuse. On citera l'exemple des immenses varzeas construites par les débordements de […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 8 pages…



