8 novembre-1er décembre 1992

Allemagne. Mobilisation contre la multiplication des agressions racistes et xénophobes

Le 8, quelque trois cent mille personnes défilent à Berlin, à l'appel de tous les courants politiques – hormis la C.S.U. (chrétiens-sociaux) bavaroise – pour protester contre les incidents à caractère raciste ou xénophobe qui s'intensifient dans le pays depuis le mois d'août, à l'image de ceux de Rostock. Cette manifestation intervient alors que la détermination des autorités fédérales à lutter contre ce phénomène était mise en doute.

Le 14, plus de cent mille sympathisants de gauche manifestent, à Bonn, pour la défense de la procédure constitutionnelle du droit d'asile. Ses détracteurs estiment qu'elle est l'une des causes de la montée des tensions racistes et xénophobes, et la plupart des formations politiques demandent sa réforme. Le Parti social-démocrate lui-même s'y résoudra le 17. Le chiffre total de réfugiés accueillis en 1992 en Allemagne avoisinera le demi-million.

Dans la nuit du 22 au 23, l'incendie criminel d'une maison habitée par des immigrés turcs à Mölln, près de Hambourg, provoque la mort d'une femme et de deux fillettes. En raison de la gravité de l'incident, l'enquête est confiée au parquet fédéral de Karlsruhe, tandis que la police et plusieurs firmes qui emploient de la main-d'œuvre immigrée offrent une récompense pour retrouver les assassins. Deux skinheads passeront aux aveux le 1er décembre.

Le 27, alors que plus de dix mille personnes assistent, à Hambourg, aux obsèques des trois victimes de Mölln, le gouvernement fédéral interdit un groupe d'extrême droite, le Front nationaliste, fondé en 1985 en R.F.A. Mille huit cents actions racistes ou xénophobes ont été recensées en Allemagne en 1992. Il s'en produit de nouvelles chaque week-end.

— Universalis

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