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YE JIANYING[YE KIEN-YING](1898-1986)

C'est à Meixian, un district hakka du Guangdong, que naît Ye Jianying, dans une famille de commerçants ; après une instruction scolaire classique, il s'expatrie en Malaisie où il se prépare à une carrière dans les affaires. En décembre 1915, des généraux du Yunnan dirigent une révolte contre le despotisme de Yuan Shikai et contre ses velléités de restauration monarchique. De nombreux Chinois d'outre-mer soutiennent cette rébellion par leurs contributions financières ; pour élargir ce soutien, Tang Jiyao, le gouverneur rebelle du Yunnan, offre d'accepter à l'académie militaire provinciale de Kunming une sélection de jeunes Chinois d'outre-mer. Ye Jianying abandonne alors les affaires pour devenir l'un des premiers cadets de l'académie militaire dont il sort diplômé en 1920.

Il sert dans l'armée du Guangdong et offre sa fidélité à Sun Yat-sen, alors aux prises avec les « seigneurs de la guerre ». Lorsque l'académie militaire de Whampoa est créée en 1924, Ye Jianying y est nommé instructeur avec un rang égal à celui de Zhou Enlai, puis il fait partie de l'« expédition du Nord » contre les cliques militaristes. À Whampoa, Ye Jianying semble avoir noué des contacts avec les instructeurs communistes, mais on ignore la date de son entrée au Parti communiste chinois (P.C.C.). Quoi qu'il en soit, durant la Commune de Canton en décembre 1927, son régiment est un des fers de lance du parti révolutionnaire.

La répression nationaliste l'oblige à fuir à Hong Kong ; de là, il rejoint à Shanghai l'appareil central du P.C.C. Il est ensuite envoyé à Moscou pour y recevoir une formation stratégique et idéologique ; il y rencontre Liu Bocheng. Enfin, après un séjour en Allemagne en 1931, il rejoint Mao Zedong dans le Jiangxi.

Il y joue un rôle d'organisateur des forces de l'Armée rouge alors placées sous le commandement de Zhu De. À Ruijin, il prend, alternativement avec Liu Bocheng, la responsabilité de deux postes clés : la présidence de l'Académie militaire et la direction de l'état-major. En 1934-1935, à l'occasion de la Longue Marche, il fait preuve de ses capacités militaires comme chef d'état-major du IIIe groupe d'armées.

En 1936, Ye Jianying est avec Zhou Enlai le négociateur en titre des communistes et, à ce titre, chargé d'obtenir la libération conditionnelle du généralissime Tchiang Kai-chek, capturé à Xi'an par Zhang Xueliang. La décision de former un front uni du P.C.C. et du Guomindang, conséquence directe de l'incident de Xi'an, fait encore de Ye Jianying le chef des missions de liaison entre Nankin, siège du gouvernement nationaliste, et les communistes. Enfin, quand l'Armée rouge est intégrée dans l'armée nationale sous l'appellation de VIIIe armée de route, il en devient le commandant avec Zhu De.

Entré au comité central du P.C.C. en 1945, Ye Jianying poursuit son rôle diplomatique et tente, à la suite de la reddition nippone, de réduire les divergences et les heurts entre nationalistes et communistes. À ce titre, il accompagne Mao Zedong, qui rencontre Tchiang Kai-chek à Chongqing, en tant que membre de la conférence consultative aux côtés de Zhou Enlai, Dong Biwu et Wang Ruofei. L'un des aboutissements de ces négociations d'après guerre fut l'installation à Pékin (alors Beiping, la « paix du Nord ») d'états-majors tripartites (communiste, nationaliste et allié), prônée par le général George Catlett Marshall, représentant de la mission des États-Unis ; ces états-majors devaient assurer le contrôle des arrangements du cessez-le-feu conclu en juin 1946. Les erreurs d'évaluation de Washington et les manœuvres de Tchiang Kai-chek rendent bientôt tout accord impossible et Ye Jianying reprend le chemin de Yan'an lorsque la guerre civile reprend.[...]

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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