ALLEN WOODY (1935- )

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Guerre et amour, W. Allen

Guerre et amour, W. Allen
Crédits : Ernst Haas Courtesy of Hulton Getty

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Woody Allen

Woody Allen
Crédits : Istituto Geografico De Agostini

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Annie Hall, W. Allen

Annie Hall, W. Allen
Crédits : Hamill/ United Artists/ Album/ AKG-images

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La traversée des apparences

Woody Allen s’inscrit dans la lignée de Méliès plutôt que dans celle de Lumière. Dans nombre de films, il part d’une base authentique minimale, parfois simplement sa vie sexuelle et sentimentale du moment, mais pour tisser un cocon protecteur. C’est la fonction du décor, des appartements cosy de Manhattan, des lumières douces, des teintes chaudes, des mouvements de caméra tout en douceur, de la musique, classique ou jazz, sans agressivité, le tout très vintage (avec une prédilection pour un passé imprécis qui évoque les années 1930 ou 1940). « Mes films, explique-t-il, décrivent le New York de mes rêves, de mes vœux, parfois de mes souvenirs. [...] C’est mon île. Ici, je me sens en sécurité. » Cependant, cette coquille dans laquelle se love volontiers le spectateur se révèle fragile et aussi perméable aux perturbations extérieures, y compris amicales, familiales ou maternelles, qu’aux obsessions internes catastrophistes.

Au rythme d’un film par an, cette construction ne manque pas d’être menacée. Car le public veut retrouver le monde et les personnages de Woody Allen, alors que ce dernier se doit de faire varier sans cesse cette matrice et l’adapter à différents genres, à commencer par le polar (Meurtre mystérieux à Manhattan – Manhattan Murder Mistery – 1993 ; Coups de feu sur Broadway, 1994 ; Scoop, 2006 ; Le Rêve de Cassandre – Cassandra Dream –, 2007 ; L’Homme irrationnel – Irrational Man –, 2015). Le résultat engendre la satisfaction chez certains comme l’agacement ou la déception chez d’autres, parfois interchangeables d’un film à l’autre. Le temps où Allen était presque estimé à l’égal de ses maîtres Bergman ou Fellini est passé. Certes, parmi la vingtaine de films réalisés de 1999 à 2017 (Escrocs mais pas trop ; Le Sortilège du scorpion de jade – The Curse of the Jade Scorpion – ; La Vie et tout le reste – Anything Else  ; Vicky Christina Barcelona ; Whatever Works ; Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu – You Will Meet a Tall Dark Stranger – ; To Rome with Love ; voire la série [...]


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Écrit par :

  • : critique et historien de cinéma, chargé de cours à l'université de Paris-VIII, directeur de collection aux Cahiers du cinéma

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Pour citer l’article

Joël MAGNY, « ALLEN WOODY (1935- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/woody-allen/