VIVIANE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'épisode célèbre des amours de l'enchanteur Merlin et de la fée Viviane se trouve rapporté dans plusieurs romans avec des variations considérables. Le schéma essentiel demeure pourtant identique : Viviane (ou Niniane, ou Nimenne, ou Nymenche : nom d'origine galloise, selon certains) est la fille du vavasseur Dionas (ou encore du roi de Northumbrie) ; Merlin la rencontre, s'émerveille de sa beauté et de son esprit, et devient passionnément amoureux d'elle ; elle est attirée par sa science, mais elle ne veut pas qu'il lui ravisse sa virginité ; elle use de son empire sur lui pour se faire enseigner tous les enchantements qu'elle désire connaître ; Merlin, qui sait tout, sait ce qu'elle veut de lui et ce qu'elle ne veut pas lui accorder, mais il abdique toute sagesse devant elle, se disant lui-même fou par amour, et met sa science à sa discrétion. Il lui enseigne notamment l'enchantement qui la rendra physiquement inviolable. Il lui enseigne surtout l'enchantement par lequel elle pourra faire d'un homme son prisonnier de façon parfaite et irrévocable (donnée à rapprocher des amours bibliques de Samson et Dalila, comme de l'esclavage auquel Omphale réduit Hercule ; le héros exceptionnel par sa force ou son esprit constitue le sujet rêvé pour une fiction masochiste, et ici le rôle longuement pédagogique de Merlin, enseignant Viviane au cours de nombreuses visites successives, convient à merveille au caractère d'« éducateur » et d'« accoucheur » que Deleuze marque comme typique de la conduite masochiste par opposition à celui d'« instituteur » et de « dresseur », caractéristique de la conduite sadique).

À partir de là, selon une évolution prévisible, la figure de Viviane se fera toujours plus malveillante au long des récits successifs. Dans le Lancelot propre, qui semble offrir la version la plus ancienne, elle n'a pas tort de se méfier des visées charnelles de Merlin sur elle, elle l'emprisonne dans une cave de la forêt de Darnantes (en Petite Bretagne), et elle deviendra, grâce aux enseign [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages




Écrit par :

Classification


Autres références

«  VIVIANE  » est également traité dans :

ARTHURIEN CYCLE

  • Écrit par 
  • Cedric E. PICKFORD
  •  • 5 710 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les successeurs de Chrétien : les romans en prose »  : […] Vers la fin du premier quart du xiii e  siècle, un auteur anonyme propose à ses contemporains une vaste série de romans arthuriens, écrits en prose, et qui mérite bien le titre de « cycle arthurien ». Ce cycle, dit « Vulgate », ou Lancelot-Graal , retrace l'épopée du royaume d'Arthur depuis ses origines jusqu'à la chute de c […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cycle-arthurien/#i_10676

CONTES DE FÉES

  • Écrit par 
  • Marc SORIANO
  •  • 397 mots

Récits de voie orale, souvent antérieurs à la civilisation latine ou grecque et se retrouvant sous forme d'adaptations dans la littérature écrite. L'expression contes de fées est plus spécialement réservée aux récits qui comportent l'intervention d'êtres surnaturels du sexe féminin, doués de pouvoirs merveilleux, bons ou mauvais. Les fées tiendraient leur nom des Parques, divinités de second ordre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/contes-de-fees/#i_10676

MERLIN

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre BORDIER
  •  • 1 015 mots

La littérature médiévale galloise possède quelques poèmes où il est question de la légende de Myrddin, fou misérable exilé dans la forêt écossaise, traqué par ses ennemis. Plus tard, Myrddin est doté du don de prophétie, et sa folie est expliquée par une vision qu'il eut au cours d'une grande bataille où mourut son seigneur. La Vie écossaise de saint Kentigern donne un grand […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/merlin/#i_10676

MORGANE

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre BORDIER
  •  • 780 mots

Personnage du cycle arthurien, fée et enchanteresse. On peut rattacher Morgane à divers personnages de la mythologie celtique : une légendaire Modron, fille d'Avallach et mère d'Urien, apparaît dans les poèmes gallois les plus anciens. Geoffrey de Monmouth, Guillaume de Malmesbury et le Merlin-Huth lui substituent Morgain, probablement sous l'influence des conteurs bretons d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/morgane/#i_10676

Pour citer l’article

Jean MASSIN, « VIVIANE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 mai 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/viviane/