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TURLUPIN HENRI LEGRAND dit (1587 env.-1637)

Personnage créé par le comédien Henri Legrand au début du xviie siècle. Vers 1615, Henri Legrand joue à l'hôtel de Bourgogne, avec les farceurs Gaultier Garguille et Gros-Guillaume, qui seront longtemps ses partenaires, et auxquels son nom reste associé. Peut-être avait-il auparavant joué en province, ou sur les tréteaux des Halles et du Pont-Neuf. Turlupin sera le dernier survivant du trio ; il semble que sa popularité ait été moins grande que celle de ses camarades. Nous savons peu de choses sur sa personne. Les contemporains s'accordent sur ses qualités d'acteur : l'abbé de Marolles dit qu'il avait beaucoup d'esprit ; Sauval, qu'il était « adroit, fin, dissimulé et agréable dans la conversation ». Dans la Comédie des comédiens, Bellerose écrit : « Turlupin est bien des plus gentils garçons qui se peuvent rencontrer pour le théâtre. » Henri Legrand créa sans doute le personnage de Turlupin avant 1615. En 1620-1621, il joue avec Gros-Guillaume la Farce plaisante et récréative où il incarne le valet fourbe qui fera son succès. Le nom de Turlupin était déjà courant à cette époque : il désignait à l'origine un personnage souffreteux, que Henri Legrand a transformé en lui ajoutant un caractère fourbe, qui dénote des influences de la comédie italienne. D'autre part, une gravure de Mariette, représentant les trois farceurs de l'hôtel de Bourgogne, nous montre que Turlupin portait un masque voisin de celui de Brighella et un costume hérité du second Zani (le Zani fourbe). Le personnage créé par Henri Legrand est le plus « italien » des personnages du trio : stupide en apparence, il est fourbe, galant, il aime la bonne chère. C'est l'ancêtre direct du Mascarille et du Scapin de Molière.

Turlupin a laissé son nom à un certain genre de farces de tréteaux, les « turlupinades », où coq-à-l'âne, calembours et plaisanteries se côtoient.

— Armel MARIN

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Écrit par

  • : metteur en scène, conseiller en éducation populaire et techniques d'expression

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • CHANSON

    • Écrit par Louis-Jean CALVET, Guy ERISMANN, Jean-Claude KLEIN
    • 7 139 mots
    • 6 médias
    ...quartier de la Fontaine de la Samaritaine, les foires de Saint-Laurent et de Saint-Germain sont restés célèbres. On y entendait des artistes comme Tabarin, Turlupin, Gaultier Garguille. C'est de là que fusèrent entre autres œuvres les fameuses mazarinades, chansons politiques virulentes et satiriques dont...
  • TRÉTEAUX THÉÂTRE DE

    • Écrit par Bernard CROQUETTE
    • 234 mots

    Au xviie siècle, à Paris notamment, aux carrefours et dans les foires, saltimbanques et charlatans dressent leurs tréteaux : on y montre des tours, on y arrache les dents, on y vend (et vante) des drogues. Des farceurs débitent leurs boniments : ainsi Herpinot, aux Halles, dont on a gardé un discours...

Voir aussi