TRÉSORS ANTIQUES. BIJOUX DE LA COLLECTION CAMPANA (exposition)

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Du 21 octobre 2005 au 16 janvier 2006, le Louvre a accueilli, sous l'intitulé Trésors antiques, des Bijoux de la collection Campana (catalogue par F. Gaultier et C. Metzger, commissaires de l'exposition, Musée du Louvre Éditions-5 Continents Éditions, Paris-Milan, 2005), une exposition qui mérite à plusieurs titres qu'on s'y attarde.

Mal connus du public contemporain, les bijoux archéologiques ont suscité au xixe siècle, avec la réalisation de copies d'une grande qualité, une vogue aujourd'hui en partie oubliée ; l'exposition révélait aussi la personnalité troublante de leur possesseur, le marquis Giovanni Pietro Campana (1808-1880). La couleur des murs indiquait trois parties dans le parcours : rouge pour l'historique de la collection et la présentation de son fondateur, vert pâle pour les bijoux issus des fouilles, vert foncé pour les bijoux de style archéologique. Dans les vitrines, les pièces étaient présentées chronologiquement et selon les lieux de leur découverte, accompagnées de registres iconographiques et d'inventaires.

La biographie du marquis Campana donnait d'abord les informations essentielles sur la vie de ce personnage, Italien de haute naissance qui fut à la fois administrateur du Mont-de-Piété à Rome, archéologue, collectionneur, antiquaire et prévaricateur. Ses démêlés avec la justice de son pays et son emprisonnement, commué en exil, ne l'empêchèrent pas de poursuivre et d'accroître ses collections, en particulier celle de bijoux antiques, et d'avoir comme interlocuteurs les souverains d'Europe. Napoléon III, qui acheta son importante collection de tableaux, répartie dans différents musées français, fut le principal acquéreur des bijoux réunis des années 1820 aux années 1850, qui rejoignirent pour l'essentiel le musée du Louvre, constituant l'un des fonds les plus importants du département des Antiquités grecques, étrusques et romaines.

Au début de l'exposition figuraient deux bijoux majeurs, en or, des ve et ive siècles avant J.-C., découverts en Étrurie comme la majorité de la collection présentée : une chaîne avec un pendentif en forme de tête d'Acheloos, dieu-fleuve, et deux ornements de coiffure en forme de rouelle. Remarquables par le travail du métal repoussé et de la granulation, ces deux objets furent copiés au xixe siècle par des ateliers italiens et français.

Aux bijoux étrusques de la période archaïque se mêlaient des fibules à étrier, bagues à cartouche, boucles d'oreilles en forme de barillet et bracelets, dont une paire d'une extrême finesse, constituée de fils d'or filigrané. Trois torques en or torsadé de l'Âge de bronze, trouvés en Gaule cisalpine, démontraient l'étendue des fouilles auxquelles s'intéressa Campana.

La période classique et hellénistique (ive et iiie siècles av. J.-C.) était illustrée par deux nouveautés : la bulle, forme originale de la bijouterie étrusque, constituée par un disque d'or estampé porté en pendentif, et le scarabée, introduit en Étrurie vers 540 avant notre ère par des artisans grecs et qui, dès lors, restera omniprésent dans la bijouterie romaine, gravé dans des pierres dures – lapis, cornaline ou calcédoine. La collection présentait encore les bijoux de type grec et romain provenant d'ateliers plus isolés de Campanie ou de Tarente. Ces derniers peuvent être considérés comme les plus séduisants et les plus décoratifs, telles ces gracieuses boucles d'oreilles à disques et pendeloques décorées de gemmes, ou encore le Diadème de Cumes fait d'un ruban d'or tressé. Déjà bien diffusés durant l'époque hellénistique, ils seront abondamment copiés au xixe siècle.

Le dernier secteur de cette deuxième partie de l'exposition était moins clair, car s'y mêlaient bijoux de fouilles (celle de la « tombe François » découverte en 1857 à Vulci) et remontages ou pastiches réalisés par les Castellani. Cette célèbre famille d'orfèvres romains accompagna le marquis dans ses recherches, et c'est à elle que furent confiées la restauration, l'étude et la rédaction du catalogue de la fameuse collection d'antiques enviée par les souverains européens. Presque tous ceux-ci se portèrent acquéreurs lors des ventes effectuées à partir de 1860 pour combler les dettes de Campana et rembourser l'argent qu'il avait détourné.

Dans la dernière partie de l'exposition, consacrée aux bijoux de style archéologique, étaient proposées les copies et recompositions exécutées par des j [...]

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Écrit par :

  • : conservateur en chef du Patrimoine au musée de Malmaison, adjoint au directeur

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Claudette JOANNIS, « TRÉSORS ANTIQUES. BIJOUX DE LA COLLECTION CAMPANA (exposition) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/tresors-antiques-bijoux-de-la-collection-campana/