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TON LOCAL

L'expression « ton local » désigne la couleur propre d'un objet, sans tenir compte des valeurs accidentelles de la lumière. Le ton local correspond très souvent à la première couche picturale déterminant la forme selon son dessin (silhouette) de l'ensemble, constituant ainsi la première structure « décorative » de la peinture, ainsi que la base des premiers rapports harmoniques selon lesquels elle est construite. On appelle grandes localités d'une peinture l'ensemble des couleurs dominantes, regardées en tant que surfaces peintes, en faisant abstraction des modifications tonales dues aux incidences de la lumière. Bien souvent, le ton local se présente comme un élément fondamental de la structure de base de la peinture, comme on peut parfaitement le voir dans la peinture égyptienne, dans la peinture murale romaine ou dans les images d'Épinal. Il en va de même dans la peinture murale médiévale comme dans la peinture flamande de chevalet du xve siècle (couleurs locales des grandes étoffes de la Vierge au chancelier Rolin de Jan van Eyck, Louvre). Le ton local se différencie de la tonalité de l'œuvre, qui correspond à la couleur dominante du tableau, comme de l'expression d'une peinture de fragmentation tonale due à la multiplicité des touches, telle celle d'un Van Gogh, par exemple, à la suite de l'impressionnisme, bien après les recherches vénitiennes du xvie siècle sur le rapport des tons selon leur éclairement par la lumière.

— Jean RUDEL

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Écrit par

  • : agrégé de l'Université, docteur ès lettres et sciences humaines, professeur à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, peintre et écrivain

Classification

Pour citer cet article

Jean RUDEL. TON LOCAL [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Autres références

  • INGRES JEAN AUGUSTE DOMINIQUE (1780-1867)

    • Écrit par
    • 2 414 mots
    • 9 médias
    ...fascination qu'exerçaient sur Ingres les phénomènes d'optique, jeu de miroirs ou reflets sur les surfaces polies. Et, par le souci qu'il eut de restituer la « couleur locale », il donnait à la peinture d'histoire une perfection inégalée, sans comparaison avec les reconstitutions pseudo-historiques de l'époque...
  • LOTTO LORENZO (1480 env.-env. 1556)

    • Écrit par
    • 2 238 mots
    • 5 médias
    ...la composition, fondé sur la liaison des arabesques vivantes ; contrairement au courant giorgionesque qui alimente l'école vénitienne, il pratique le ton local ; cette franchise de la couleur a assuré à ses tableaux une remarquable conservation qui contraste avec l'altération des œuvres de Titien. Il...
  • RÉALISME (art et littérature)

    • Écrit par et
    • 6 499 mots
    • 4 médias
    ...: tandis que Courbet peint sur un fond sombre traditionnel et progresse lentement vers les couleurs claires, Manet peint sur un fond blanc à l'aide de tons locaux clairs, dans lesquels il introduit des tons sombres pour obtenir les ombres. Cette technique nouvelle, appelée peinture claire, relevait d'une...
  • SEURAT GEORGES (1859-1891)

    • Écrit par
    • 2 526 mots
    • 10 médias
    ...comprendre le principe de la division du ton et de la touche. Le critique prélève un « décimètre carré » de la pelouse du premier plan pour montrer comment la teinte locale, le vert, sert de base à une structure de touches et de couleurs que la lumière « achromatise » selon une ligne de démarcation entre ombre...