YARMOUTH TEL, Israël

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Tel Yarmouth (en arabe Khirbet el-Yarmouk), Israël, est un site majeur du IIIe millénaire. Son exploration a renouvelé les connaissances sur l'émergence des premières cités-États au Levant méridional. Cité fortifiée de près de 16 hectares, elle est établie au pied des monts de Judée, à environ 25 kilomètres au sud-ouest de Jérusalem. Elle se compose d'une ville basse très étendue (14,5 ha) et d'une petite acropole (env. 1,5 ha), la Khirbet el-Yarmouk proprement dite.

Tel Yarmouth, Israël. Carte de situation

Dessin : Tel Yarmouth, Israël. Carte de situation

Le site de Tel Yarmouth se trouve en Shéphéla, une région de collines qui forme la transition entre les monts de Judée et la plaine côtière d'Israël, caractérisée par un climat et une végétation de type méditerranéen. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Tel Yarmouth, Israël. Plan topographique

Dessin : Tel Yarmouth, Israël. Plan topographique

Plan topographique avec l'emplacement des chantiers et des principales structures fouillées. On notera la forte déclivité entre le sommet de l'acropole (à 405 mètres) et le point le plus bas de la ville basse (à 300 mètres). La dépression au nord de la ville basse a pu servir à drainer... 

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Le site correspond probablement au village byzantin de Hiermôchos, qui a donné la forme arabe du toponyme et dont les vestiges ont été repérés sur l'acropole. Ce village est signalé au début du ive siècle après J.-C. par Eusèbe de Césarée qui l'identifiait avec la Yarmouth biblique (Jos. 10 :3-5, 23 ; 12 :11 ; 15 : 5 ; Néh. 11 :29). On doit l'identification du site aux premiers voyageurs qui explorèrent la Palestine au xixe siècle. Ceux-ci, toutefois, ne connaissaient que l'acropole. L'existence de la ville basse n'a été reconnue qu'en 1963. Des sondages y furent conduits en 1970 par Amnon Ben-Tor. Les fouilles ont été reprises sur grande échelle à partir de 1980 par Pierre de Miroschedji au nom du C.N.R.S. (France) et de l'Université hébraïque de Jérusalem. Treize campagnes ont eu lieu jusqu'à présent (novembre 2000) avec des subventions du ministère des Affaires étrangères.

L'établissement a été fondé au début du Bronze ancien, vers 3500 avant notre ère, occupé jusqu'à la fin du Bronze ancien III, vers 2350, puis virtuellement abandonné pendant presque mille ans. La réoccupation a eu lieu à partir du Bronze récent II (env. 1350), mais seulement dans les limites restreintes de l'acropole, qui est restée habitée jusqu'au début de l'époque byzantine (ive siècle de notre ère). Yarmouth a alors été définitivement désertée.

Yarmouth au Bronze ancien (env. 3300-2400)

L'établissement initial du Bronze ancien I (env. 3300-3000)

Connu seulement par d'étroits sondages, l'établissement initial ne pourra jamais faire l'objet de fouilles suffisantes, car il est enfoui à trop grande profondeur. Sans doute ressemblait-il au village contemporain et voisin de Hartouv, fouillé par la Mission de Yarmouth en coopération avec l'Université hébraïque de Jérusalem. C'était une bourgade composée d'un groupement lâche d'habitations disséminées sur 5 hectares environ autour d'un bâtiment public, dont une partie au moins avait un usage cultuel.

L'abandon de Hartouv peu avant la fin du Bronze ancien I coïncide à peu près avec le développement de Yarmouth qui, vers le xxxie siècle, est devenue un centre régional en voie d'urbanisation rapide. Elle incorporait déjà l'angle ouest de la future ville basse, ce qui implique une superficie d'environ 15 hectares. Mais ce n'était encore qu'un gros village ouvert.

Le développement de la ville au Bronze ancien II (env. 3000-2650)

Les premières constructions importantes, probablement de caractère public, sont attestées à Yarmouth dès le début du Bronze ancien II, vers 3000. Elles sont représentées par une plate-forme massive en pierre qui a servi de fondation à un grand bâtiment. À cette époque, la ville n'était pas encore fortifiée, mais on a observé des traces d'un aménagement du talus qui la borde, en l'occurrence un glacis de terre à surface chaulée ; preuve que les habitants se souciaient déjà de leur défense.

Les premières fortifications ont été construites un peu plus tard (vers 2900 ?). Elles ont eu d'emblée une ampleur considérable. Le premier rempart (Muraille A) a été mis au jour à l'angle ouest de la ville et repéré aussi sur l'acropole ; il encerclait donc probablement tout le site. C'est une muraille de pierres sèches, épaisse de 5 à 6 mètres et conservée sur une hauteur de 4 mètres. Elle est renforcée par de gros saillants situés à équidistance d'un bastion rectangulaire massif d'environ 25 × 13 mètres. et contrebutée par des glacis de pierres et de terre qui en défendaient l'approche.

Vers la fin du Bronze ancien II (vers 2700 ?), un deuxième rempart (Muraille B), édifié quelque 20 à 30 mètres en avant de la Muraille A, a porté à quarante mètres l'épaisseur totale du système défensif autour de l'angle ouest de la ville. Construite avec un appareil cyclopéen et conservée par endroits jusqu'à 7 [...]

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Tel Yarmouth, Israël. Carte de situation

Tel Yarmouth, Israël. Carte de situation
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Tel Yarmouth, Israël. Plan topographique

Tel Yarmouth, Israël. Plan topographique
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Tel Yarmouth, Israël. La porte de la ville (chantier E) et les fortifications, vers l'est

Tel Yarmouth, Israël. La porte de la ville (chantier E) et les fortifications, vers l'est
Crédits : P. de Miroschedji, Mission archéologique de Tel Yarmouth, Israël

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Tel Yarmouth, Israël. Vue aérienne du Palais B1 et des chantiers adjacents

Tel Yarmouth, Israël. Vue aérienne du Palais B1 et des chantiers adjacents
Crédits : P. de Miroschedji, Mission archéologique de Tel Yarmouth, Israël

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Écrit par :

  • : directeur de recherche au C.N.R.S., directeur du Centre de recherche français de Jérusalem

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Pierre de MIROSCHEDJI, « YARMOUTH TEL, Israël », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 juillet 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/tel-yarmouth-israel/