TALLINN

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Tallinn, longtemps appelée Reval par les Allemands, est la capitale de l'Estonie. Dès 1154, le géographe arabe Al-Idrīsī note l'existence, sur les bords du futur golfe de Finlande, d'un lieu habité appelé Kolovan. Tallinn doit son nom aux premiers envahisseurs danois qui, en 1219, débarquent sur la côte baltique et fondent à l'emplacement de la forteresse estonienne de Lindanise une cité qu'ils nomment Taani linn (ville des Danois). Plus tard, les chevaliers Porte-Glaive germaniques venus du sud s'installent en masse dans cette nouvelle cité qu'ils achètent aux Danois, la baptisent Reval et en prennent la direction effective. Ils avaient compris l'intérêt du site, avec une colline toute proche d'une anse où un port pouvait aisément être aménagé. Ils développent la cité, qui s'affilie en 1248 au réseau commercial de la Hanse, dont elle reçoit la charte de Lübeck. Ils fortifient d'abord la ville haute (Toompea), puis font venir des artisans, des marchands et leurs familles, qui s'installent au pied de cette colline dans la ville basse (Vanalinn). Tandis que, dans ces quartiers, les artisans et les marchands groupés en confréries font construire les églises de Saint-Niguliste et de Saint-Oleviste, la colline de Toompea devient le siège du pouvoir féodal et la résidence de la noblesse germanique.

Estonie : carte administrative

Carte : Estonie : carte administrative

Carte administrative de l'Estonie. 

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Tallinn, capitale de l'Estonie

Photographie : Tallinn, capitale de l'Estonie

Vue de la vieille ville de Tallinn avec, au fond, la cathédrale Alexandre-Nevski. 

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Au xve siècle, les activités du port deviennent importantes. De l'ouest arrivent du sel, des armes, des vins et des harengs qui se vendent jusqu'à Novgorod en Russie ; de l'est viennent les fourrures, le miel, le lin, le chanvre. Par ses échanges, le port est alors l'un des premiers en Europe. Mais, à partir du xvie siècle, Reval, qui comptait entre 7 000 et 8 000 habitants, souffre des guerres, des épidémies, des famines et des incendies, malheurs provoqués par les rivalités des puissances voisines, notamment la Suède qui occupe la cité en 1629. Puis, avec la domination russe, après 1721, la ville connaît une certaine paix, mais elle pâtit alors de sa situation isolée et de la concurrence nouvelle de Saint-Pétersbourg. L'arrivée d'une ligne de chemin de fer en 1870 développe l'activité industrielle de la ville, qui voit de nombreuses entreprises s'installer dans sa banlieue et constitue un centre d'agitation sociale, surtout au moment de la révolution de 1905.

Après la Première Guerre mondiale, la ville retrouve son nom estonien, Tallinn, et devient la capitale de la nouvelle République d'Estonie. Mais l'indépendance est préjudiciable à la ville, qui perd de son importance commerciale en raison de la fermeture de la frontière russe.

Le retour de l'Armée rouge, à partir de 1944, après trois années d'occupation allemande, est marqué par un afflux de ressortissants soviétiques, qui prennent la place des Estoniens disparus pendant la guerre ou exilés volontaires. Le russe devient la langue véhiculaire dans une ville où les Estoniens se retrouvent minoritaires. Moscou essaie de transformer Tallinn, ville commerciale et industrielle, en une ville universitaire, en y créant des instituts de qualité, afin de concurrencer Tartu dont l'esprit frondeur, bourgeois et nationaliste résiste à toutes les tentatives d'alignement.

Depuis l'indépendance recouvrée en 1991, Tallinn est un important centre de services qui est à la pointe de toutes les techniques nouvelles de communication. La capitale s'est étendue dans presque toutes les directions et absorbe la majeure partie des forces vives du pays. Elle compte environ 400 000 habitants (en 2005) dont la moitié seulement sont des Estoniens. C'est la plus grande ville du pays et le principal port. Sa cité médiévale a été classée par l'U.N.E.S.C.O. au patrimoine mondial en 1997.

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Estonie : carte administrative

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Tallinn, capitale de l'Estonie

Tallinn, capitale de l'Estonie
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  • : docteur de l'Université, ancien maître de conférences à l'Institut national des langues et civilisations orientales (histoire des pays Baltes)

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  • Écrit par 
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  • Suzanne CHAMPONNOIS, 
  • Jean-Luc MOREAU
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Pour citer l’article

Suzanne CHAMPONNOIS, « TALLINN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/tallinn/