LARSSON STIEG (1954-2004)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Stieg Larsson, pseudonyme de Karl Stig-Erland Larsson, est né le 15 août 1954 à Skelleftehamn (Suède). Journaliste d'investigation à l'agence de presse TT et un temps membre du parti socialiste suédois, il est aussi un des initiateurs de la fondation Expo, qui constitue un observatoire des manifestations ordinaires du fascisme, et de sa revue trimestrielle Expo dont il devient rédacteur en chef dans la dernière partie de sa vie Sa connaissance des mouvements d'extrême droite lui permet notamment de publier avec la journaliste Anna-Lena Lodenius l'essai Extremhögern (Extrémisme de droite, 1991) ainsi que Sverigedemokraterna : den nationella rörelsen (Les Démocrates suédois : le mouvement national, 2001) avec le journaliste Mikael Ekman. À ses débuts, grand amateur de science-fiction, il avait publié avec Rune Forsgren deux fanzines, Sfären et Fijagh et était devenu en 1980 le président de la Skandinavisk förening för science-fiction (S.F.S.F.), la plus importante association littéraire scandinave consacrée à la science-fiction. Mais Stieg Larsson devra d'abord sa célébrité à Millénium, un thriller en trois parties qui a constitué un phénomène de librairie par le nombre de traductions dans le monde et par celui d'exemplaires vendus. Stieg Larsson n'en aura rien su. Victime d'une crise cardiaque le 9 novembre 2004, il meurt peu après avoir remis ses manuscrits à son éditeur. Il venait d'avoir cinquante ans.

Dans le roman, Millénium désigne aussi le nom d'un magazine suédois d'analyse économique et sociale fondé par le protagoniste de la trilogie, le journaliste Carl Mikael Blomkvist. Dans le premier volume, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes (2005), Mikael, brillant journaliste d'investigation, se voit forcé de démissionner de la revue Millénium après avoir perdu le procès en diffamation que lui intente un affairiste qu'il avait accusé de détournement de fonds. Henrik Vanger, un riche industriel au crépuscule de sa vie, lui propose alors de tenter d'élucider une affaire douloureuse : la disparition, quarante ans plus tôt, de sa petite nièce Harriet qu'un inconnu lui rappelle à chacun de ses anniversaires. Pour l'aider dans ce travail d'investigation, Mikael fait appel à Lisbeth Salander, une jeune femme qui se révèle une enquêtrice de premier ordre. Informaticienne « hacker » capable d'accéder aux dossiers les mieux protégés, elle est également dotée d'une mémoire exceptionnelle. Officiellement considérée comme une attardée mentale sous tutelle, officieusement comme une enquêtrice très douée pour mener des recherches, Lisbeth est une rebelle écorchée vive ainsi décrite : « fille pâle, d'une maigreur anorexique, avec des cheveux coupés archi-court et des piercings dans le nez et les sourcils ». Ces personnages ont été inspirés à Stieg Larsson par deux héros de papier issus de l'œuvre de la romancière suédoise Astrid Lindgren, créatrice, entre autres de la trilogie « L'As des détectives » (1946) dont le jeune héros s'appelle Kalle Blomkvist et de la série consacrée à la célèbre Fifi Brindacier, dont Lisbeth Salander serait en quelque sorte l'incarnation adulte. Intolérance, cynisme, hypocrisie et violence constituent les principaux ressorts de ce premier épisode dans lequel ce singulier duo va mener une enquête difficile et dangereuse au cœur d'un monde des affaires peuplé d'individus qui ne reculent devant rien pour conserver leurs privilèges.

Dans le deuxième volet, La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette (2006), Mikael, après avoir été réhabilité, a pu réintégrer les locaux de la revue Millénium. Il se lance alors dans une enquête sur un réseau de prostituées venues d'Europe de l'Est. Cette affaire lui vaut d'être agressé, tout comme Lisbeth, grièvement blessée et que la police soupçonne d'être une tueuse. La trilogie s'achève par de multiples rebondissements avec La Reine dans le palais des courants d'air (2007). Lisbeth, qui a bien failli mourir dans l'épisode précédent, est hospitalisée et gardera la chambre plusieurs semaines. Dans le même hôpital, se trouve son père Zalachenko, qui la déteste et qu'elle a agressé à la hache. L'affrontement entre le bien (Mikael) et le mal (des éléments de la police, de la justice et même de l'État qui agissent dans l'ombre) vient conclure cet ul [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  LARSSON STIEG (1954-2004)  » est également traité dans :

POLICIER ROMAN

  • Écrit par 
  • Claude MESPLÈDE, 
  • Jean TULARD
  •  • 16 583 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « Les pays nordiques »  : […] Depuis la fin des années 1960, le roman policier à contenu social s'est développé dans de nombreux pays. En Suède, dès 1965, le couple formé par Maj Sjöwall et Per Wahlöö se livrait à une violente critique du « paradis suédois » avec une série de dix enquêtes menées par l'inspecteur Martin Beck et ses hommes. Ce changement radical au cœur d'une littérature policière jusque-là assez classique a gé […] Lire la suite

SUÈDE

  • Écrit par 
  • Régis BOYER, 
  • Michel CABOURET, 
  • Maurice CARREZ, 
  • Georges CHABOT, 
  • Jean-Claude MAITROT, 
  • Jean-Pierre MOUSSON-LESTANG, 
  • Lucien MUSSET, 
  • Claude NORDMANN, 
  • Jean PARENT
  • , Universalis
  •  • 35 817 mots
  •  • 17 médias

Dans le chapitre « Une exubérante vitalité »  : […] Il en va des lettres suédoises depuis une vingtaine d'années comme de leurs homologues scandinaves : elles se caractérisent par leur foisonnement, leur diversité, leur ouverture. Là comme ailleurs dans le Nord, l'observateur est frappé par la vitalité d'une littérature pourtant fermement établie sur des assises maintenant au moins centenaires. Ajoutons qu'une bonne part de ces auteurs se sont refu […] Lire la suite

Pour citer l’article

Claude MESPLÈDE, « LARSSON STIEG - (1954-2004) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/stieg-larsson/