BURKE SOLOMON (1936 env.-2010)

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En mêlant, au début des années 1960, le gospel des églises afro-américaines avec le rhythm and blues, le chanteur américain Solomon Burke s'est affirmé comme l'un des pionniers de la musique soul. Il est l'auteur des mythiques Everybody Needs Somebody to Love (1964), immédiatement repris par les Rolling Stones, et Got to Get You Off My Mind (1965) – écrit après la mort de son ami Sam Cooke, en 1964.

Né probablement en 1936 (mais, selon ses dires, en 1940, le 21 mars) à Philadelphie (Pennsylvanie), dans une famille qui avait fondé sa propre église, Solomon Burke est, dès l'âge de douze ans, à la fois prédicateur et animateur d'un programme radiophonique consacré au gospel. Il commence à enregistrer en 1955, mais il ne connaîtra son premier grand succès qu'en 1961, avec Just Out Of Reach, une version rhythm and blues d'une ballade country. Ses disques, pour la plupart produits à New York, manifestent des techniques vocales dérivées du gospel : interjections hurlées, déclamation proche de l'exhortation, mélismes et timbre rauque. Grâce à Bert Berns et Jerry Wexler, producteurs chez Atlantic Records, Solomon Burke devient l'un des premiers interprètes de rhythm and blues à être reconnu comme artiste soul, grâce au succès que rencontrent Cry to Me (1962), If You Need Me (1963), Goodbye Baby (Baby Goodbye) (1964), Got to Get You Off My Mind (1965), Tonight's the Night (1965). Le milieu des années 1960 voit une baisse d'inspiration ; Solomon Burke continue à enregistrer, avec toutefois moins de bonheur, et quitte Atlantic en 1968. Il enregistre pour le label Bell un album superbe, Proud Mary (1969), publie en 1974 un album en hommage à Martin Luther King, I Have A Dream (ABC-Dunhill).

Personnalité hors norme, à la corpulence impressionnante – il se déplaçait sur scène dans un fauteuil roulant afin de gagner, revêtu d'une cape d'hermine, un trône cramoisi –, père de vingt et un enfants, Solomon Burke se consacre à son église, The House of God for All People, dont il est l'archevêque. En 2002, le label Fat Possum Records lui fait enregistrer l'album Don't Give Up on Me, dont les titres ont été écrits par d'illustres admirateurs : Bob Dylan, Elvis Costello, Van Morrison, Tom Waits, Brian Wilson... Solomon Burke continue de se produire en concerts, effectue de nombreuses tournées ; c'est lors de l'une d'elles qu'il meurt à l'aéroport de Schiphol, près d'Amsterdam, le 10 octobre 2010.

—  Robert D. PRUTER, Universalis

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Robert D. PRUTER, « BURKE SOLOMON (1936 env.-2010) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/solomon-burke/