HÉGRA SITE ARCHÉOLOGIQUE D'

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Madā’in Sālih est le nom d'un site archéologique du nord-ouest de l'Arabie saoudite, situé entre les villes de Tabūk, Taymā et Médine et à une vingtaine de kilomètres au nord du bourg d'al-‘Ulā, connu pour avoir été la capitale des royaumes de Dadan et de Lihyān dans la seconde moitié du Ier millénaire av. J.-C. Le nom antique du site est Hégra dans les sources grecques et latines, notamment sur la carte de Ptolémée, et Hijrā en nabatéen, qui a donné al-Hijr en arabe, toponyme encore utilisé aujourd'hui pour désigner la plaine dans laquelle il s'inscrit. Le nom Madā’in Sālih, qui lui a été donné tardivement, s'explique par la tradition selon laquelle le prophète Sālih tenta en vain de convertir les habitants du lieu, membres de la tribu de Thamūd, au culte du dieu unique. L'épisode est largement décrit dans le Coran, notamment dans la sourate d'al-Hijr (XV, 80-84), ainsi que chez les historiens et géographes arabes tels que Tabarī, al-Muqaddasī et Yāqūt.

Inscrit depuis juillet 2008 sur la liste du patrimoine mondial de l'U.N.E.S.C.O., Hégra est un important site d'époque nabatéenne et romaine (ier s. av. J.-C.-vie s. apr. J.-C.), fondé aux marges méridionales du royaume de Nabatène (annexé par un légat de l'empereur Trajan en 106 apr. J.-C.) et de la province romaine d'Arabie. C'était à la fois une station caravanière sur la voie terrestre du commerce de l'encens menant de l'Arabie Heureuse, le Yémen actuel, aux ports de la Méditerranée, et un poste avancé pour les troupes nabatéennes puis romaines, comme en témoigne la mention de nombreux noms de militaires dans les inscriptions. Le site partage plusieurs points communs avec la capitale du royaume nabatéen, Pétra, en Jordanie. On y trouve en effet une petite centaine de tombeaux rupestres à façades décorées de motifs à merlons, d'excellente facture et très bien conservés, au point que les traces des outils utilisés par les tailleurs de pierre nabatéens restent visibles à la surface du grès.

Alors que la région souffre d'un climat extrêmement aride, la plaine d'al-Hijr bénéficie d'une situation privilégiée sur le plan aquifère puisqu'elle se situe dans une cuvette naturelle qui recueille les écoulements provenant des massifs qui l'encadrent à l'ouest et à l'est. Cela a permis le développement d'une oasis irriguée par plus de cent trente puits creusés dans les sédiments et dans le substrat rocheux. La ville antique était fortement dépendante de cette oasis, qui lui offrait les ressources nécessaires pour alimenter une population de quelques milliers d'habitants, ainsi que les gens de passage tels que les caravaniers, les militaires ou les éleveurs fréquentant les pâturages des alentours.

En dehors de cette oasis, le site comprend trois ensembles de vestiges dessinant les contours de quartiers aux fonctions bien différenciées. Le premier est une zone résidentielle, encore peu explorée, où dominent les structures en brique crue sur fondation de pierre et où une trame urbaine dense, avec des îlots d'habitation, des voies de circulation et peut-être des marchés ou des jardins, sont apparus sur l'image produite par une détection géophysique au sol. Cette zone assez plate, qui occupe le centre du site, est entourée par des massifs de grès sur les versants desquels ont été taillés les tombeaux nabatéens aux façades décorées associés à une chambre funéraire creusée dans la roche. Un tiers des façades portent une inscription indiquant la date de leur construction (intervalle compris entre le début de l'ère chrétienne et 75 apr. J.-C.) et le nom de leur propriétaire. Les familles les moins riches devaient se contenter d'une simple fosse dont le site a révélé plus de deux mille exemplaires. Les monuments religieux, qui forment le troisième groupe de vestiges, sont presque tous aménagés dans les recoins d'une montagne imposante qui se dresse au nord-est du site. Polythéistes, les Nabatéens y vénéraient leurs divinités (dont quelques-unes font partie du panthéon commun de l'Arabie préislamique) sous la forme de pierres dressées, les bétyles. Le dispositif central des sanctuaires est généralement une salle de banquets, couverte ou à ciel ouvert, où se réunissaient d [...]

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  • Écrit par 
  • Laïla NEHMÉ
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Dans le chapitre « Les coutumes funéraires »  : […] Les Nabatéens croyaient en une vie dans l’au-delà et organisaient des cérémonies commémoratives, parfois dans des salles de banquet associées aux tombeaux, où on consommait de la viande. La présence d’un collier de dattes, encore fraîches lors de l’inhumation, autour du cou de l’un des défunts dans un tombeau de Hégra, ainsi que les offrandes alimentaires, solides ou liquides, déposées dans des r […] Lire la suite

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Laïla NEHMÉ, « HÉGRA SITE ARCHÉOLOGIQUE D' », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/site-archeologique-d-hegra/