SIKKIM

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Peuplement et histoire

L'étagement interfère avec la complexité du peuplement pour expliquer la répartition des activités. En effet, selon l'appartenance ethnique et culturelle, les modes de vie peuvent être différents pour des groupes occupant le même milieu. Les populations les plus anciennes du Sikkim sont des Lepchas, parlant des langues tibéto-birmanes et d'aspect plus ou moins mongoloïdes. Ils sont généralement pasteurs ou agriculteurs, et pratiquent un bouddhisme plus ou moins teinté d'animisme. Ils sont très minoritaires dans la population. En effet, le Sikkim a été progressivement peuplé de Tibétains, souvent pasteurs et caravaniers. Ceux-ci représentent plus du tiers de la population. Cependant, les hindouistes venus du Népal et de l'Inde forment la majorité de la population. C'est parmi eux que se recrute la plus grande partie des agriculteurs.

Quelques rares fouilles ont livré des témoins de la période néolithique sous forme d'outils taillés comparables, semble-t-il, à ceux qui ont été trouvés au Bhoutan, témoignages d'une même civilisation dont les différents aspects n'ont pas encore été élucidés.

La population autochtone lepcha ne possède malheureusement ni documents ni tradition orale.

L'histoire du Sikkim se précise à partir du xiiie siècle avec la venue d'un prince tibétain bouddhiste, aussitôt accepté comme souverain par les Lepcha. Sa famille et son entourage forment le premier noyau de la population bhotia qui, au cours des siècles, fusionna avec les Lepcha. En 1641, Phun-tshogs rNam rGyals (Puntsok Namgyal), descendant du fondateur de la dynastie, reçut une double investiture, comme roi et chef religieux, par trois lamas venus du Tibet : Lha-btsun chen-po, de tradition rDzogs-chen-po, Sems-dPa'chen-po, de tradition Ka'-thog-pa, Rig-'jin chen-po, de tradition nNga'-bdag-pa (branches de l'école rNyingma-pa, traditionnelle au Sikkim). Le roi reçut le titre de Chos-rGyal (Chö gyal) porté par tous les souverains du Sikkim jusqu'à l'abolition de la monarchie en avril 1975 et le rattachement à l'Inde en tant que 22e État.

L'économie du Sikkim est encore très repliée sur elle-même, bien que les richesses minérales soient importantes (minerai de fer, cuivre, antimoine, bismuth, plomb, zinc, etc.). Mais le véritable intérêt du Sikkim est ailleurs, dans sa position sur une route transhimalayenne qui fut très fréquentée (autant que toutes les autres tout le long de la chaîne). Déjà, pendant la période coloniale, les Britanniques s'étaient intéressés à la région, sur laquelle ils avaient établi un protectorat de fait. Ils avaient d'ailleurs annexé le sud du pays, la région de montagnes de Darjeeling, célèbre par ses plantations de thé et ses stations d'altitude. L'Inde indépendante reprit cette tradition, surtout après l'occupation du Tibet par la Chine en 1959.

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François DURAND-DASTÈS, Chantal MASSONAUD, « SIKKIM », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sikkim/