POLKE SIGMAR (1941-2010)

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Une esthétique du doute : le travail sur la photographie

Le statut d'auteur constitue un autre paramètre cher aux modernistes auquel le peintre va s'attaquer dès la fin des années 1960. Ne se reconnaissant plus dans le mythe de l'artiste démiurge qui puise son inspiration dans une espèce d'élan surnaturel, Polke va produire des travaux qui visent à déconstruire et à tourner en dérision l'idée même d'inspiration au sens métaphysique du terme. Une de ses réalisations les plus emblématiques est une œuvre de 1969 dont l'apparence n'est pas sans évoquer une peinture hard-edge, comme ont pu en concevoir des peintres abstraits tels qu'Ellsworth Kelly. Le tableau se résume en effet à une surface blanche dont le coin supérieur droit a été recouvert d'un triangle noir. Rien de spectaculaire si ce n'est que l'artiste a inscrit sur la surface blanche la phrase suivante, qui constitue également le titre de l'œuvre : Höhere Wesen befahlen : rechte obere Ecke schwarz malen ! (« Des êtres supérieurs ont donné l'ordre : peindre le coin droit du haut en noir ! »). Ce tableau qui a été précédé par d'autres travaux identiques (par exemple l'installation Vitrinenstück de 1966) résume bien les enjeux contradictoires d'une œuvre qui ne cesse d'élargir son champ pictural, de l'ouvrir à de nouvelles perspectives tout en accentuant une remise en question des supposés pouvoirs de ce médium. La peinture de Polke est une peinture du doute. Doute envers la peinture, mais aussi et surtout envers sa propre peinture. Et pourtant, rares sont les artistes à avoir affiché une telle diversité de pratiques et de techniques, de motifs et de genres, comme si le peintre cherchait à épuiser toutes les possibilités offertes par son médium de prédilection, à le piéger pour ne pas succomber à son charme. Charme de l'abstraction, qu'elle soit gestuelle (Handlinien, 1968) ou géométrique (Konstruktivistisch, 1968), mais aussi charme de l'art minimal (Carl Andre in Delft, 1968) ou conceptuel (Lösungen I-IV, 1967) qui échappent [...]

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Écrit par :

  • : maître de conférences en histoire de l'art contemporain à l'université de Valenciennes, critique d'art, commissaire d'expositions

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RICHTER GERHARD (1932- )

  • Écrit par 
  • Erik VERHAGEN
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Dans le chapitre « Le réalisme capitaliste »  : […] Indépendamment de ce premier virage stylistique, l'année 1962 coïncide dans la trajectoire de Richter avec la mise en place d'un collectif de circonstance réunissant les artistes Konrad Lueg, Manfred Kuttner et Sigmar Polke, également étudiants à la Kunstakademie de Düsseldorf. La rencontre avec Lueg (le futur galeriste Konrad Fischer) est la plus déterminante. C'est lui […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gerhard-richter/#i_22014

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Pour citer l’article

Erik VERHAGEN, « POLKE SIGMAR - (1941-2010) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/sigmar-polke/