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MORSE SAMUEL FINLEY (1791-1872)

Peintre et inventeur américain né le 27 avril 1791 à Charlestown (Massachusetts), mort le 2 avril 1872 à New York.

Après des études à la Phillips Academy d'Andover (Massachusetts), Samuel Finley Breese Morse poursuit son cursus à l'université de Yale. Sa curiosité est éveillée par des conférences sur l'électricité, phénomène alors largement incompris. tandis qu'il se plaît à peindre des portraits miniatures. Diplômé de Yale en 1810, Morse travaille ensuite chez un éditeur, à Boston. Mais la peinture demeure son principal centre d'intérêt et, en 1811, ses parents l'aident à aller étudier cet art en Angleterre. Il accepte alors les canons artistiques anglais de l'époque, notamment ceux de la peinture historique qui représente des scènes romantiques, tirées de légendes et d'événements historiques, mettant au premier plan des personnages éclatants prenant la pose.

De retour aux États-Unis en 1815, Morse se rend compte que les Américains n'aiment pas ses toiles historiques. Il se lance alors à contrecœur dans le portrait pour gagner sa vie et devient peintre itinérant dans divers États (Nouvelle-Angleterre, New York, Caroline du Sud). Une fois installé à New York, il exécute, après 1825, quelques-uns des plus beaux portraits alors réalisés par un artiste américain. Maîtrisant parfaitement sa technique, il traduit, d'un trait sûr, le caractère de ses sujets avec une touche de romantisme héritée de l'Angleterre. Au début de sa carrière, Morse côtoie des intellectuels, des personnalités fortunées, de fervents religieux et des conservateurs. Il noue facilement des liens d'amitié, notamment avec le héros français de la révolution américaine, le marquis de La Fayette, et le romancier américain James Fenimore Cooper. Il fonde en 1826 une société des beaux-arts destinée à faire connaître les peintres américains, la National Academy of Design, qu'il préside jusqu'en 1845.

En 1832, Morse se rend de nouveau en Europe pour étudier la peinture. Sur le bateau du retour, il imagine un télégraphe électrique après avoir entendu une conversation sur l'électroaimant tout juste inventé par André-Marie Ampère. Sans connaître les travaux que mènent alors les Britanniques William Cooke et Charles Wheatstone, Morse met au point son premier prototype fonctionnel en 1835. Il continue cependant à consacrer la majeure partie de son temps à la peinture, enseignant l'art à l'université de New York, et à la politique. Ce n'est qu'en 1837 qu'il porte toute son attention vers son invention, lorsque le mécanicien Alfred Vail, tout juste diplômé de l'université de New York, lui montre une description détaillée d'un autre modèle de télégraphe élaboré en 1831. Parallèlement, un ami propose à Morse de lui fournir le matériel et la main-d'œuvre nécessaires pour construire ses appareils dans l'usine sidérurgique de sa famille. Morse prend les deux hommes comme associés pour construire un appareil commercialisable. En 1838, il met au point un nouveau système de transcription de l'information, à base de points et de traits : le fameux code morse. Alors qu'il tente en vain d'amener le Congrès à financer la construction d'une ligne télégraphique, il prend l'un de ses membres comme associé supplémentaire. Morse ne parvient pas non plus à faire construire une ligne télégraphique en Europe. Il finit cependant par obtenir, sans la coopération de ses associés, le soutien financier du Congrès pour installer la première ligne de télégraphe aux États-Unis, de Baltimore à Washington, sur laquelle il envoie son premier message en mai 1844.

À la suite de plaintes de ses associés et d'autres inventeurs, Morse doit défendre ses droits de paternité pendant plusieurs années. La Cour suprême confirme en 1854 le brevet déposé[...]

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Écrit par

  • : professeur émérite d'histoire à l'université d'État du New York College, New Paltz (État de New York), auteur
  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • DAGUERRÉOTYPE

    • Écrit par Marc-Emmanuel MÉLON
    • 1 024 mots
    • 3 médias

    On désigne par daguerréotype le procédé photographique mis au point en 1839 par J. L. M. Daguerre à partir de la découverte de l'héliographie par Nicéphore Niepce. Mais, alors que le procédé de Niepce restait peu performant (lenteur et complexité des différentes opérations, faible sensibilité...

  • ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - Les arts plastiques

    • Écrit par François BRUNET, Éric de CHASSEY, Universalis, Erik VERHAGEN
    • 13 464 mots
    • 22 médias
    ...principale, sinon exclusive, de leur revenu, souvent à contrecœur, alors même que l'école de la nécessité favorisait une maturation technique du genre. Ainsi Samuel Morse fit-il dans les années 1820 et 1830 l'expérience amère de l'échec de ses ambitions picturales, résumées par sa grandiose mais invendable...
  • TÉLÉCOMMUNICATIONS - Histoire

    • Écrit par René WALLSTEIN
    • 18 724 mots
    • 24 médias
    Pendant cette période, aux États-Unis, un artiste peintre, Samuel Morse (1791-1872), s'intéresse, à titre de curiosité, aux phénomènes électriques et à leur exploitation pour la communication à distance. C'est en 1832, sur le bateau qui le ramène aux États-Unis après un voyage en Europe pour étudier...
  • TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE DE MORSE

    • Écrit par Olivier LAVOISY
    • 260 mots
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    En 1820, le physicien Danois Hans Christian Œrsted découvre la déviation d'une aiguille aimantée par un courant électrique. S'intéressant par curiosité à l'électroaimant (à travers les travaux d'Ampère), qui met en œuvre ce principe, le peintre Américain Samuel Finley...

Voir aussi