ISSOIRE SAINT-PAUL D'

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La légende veut que l'abbaye d'Issoire ait été fondée dès le iiie siècle. En fait, au xe siècle, une seconde fondation intervint lorsqu'un moine de Charroux, fuyant les invasions barbares, y amena le chef de saint Austremoine. Une ville ne tarda pas à se développer autour du monastère. Au milieu du xiie siècle, la construction d'une nouvelle église fut entreprise, dont l'achèvement fut vraisemblablement assez rapide, étant donné la grande homogénéité de l'édifice. C'est l'une des plus grandes églises de la basse Auvergne qui se rattache par son style à Notre-Dame-du-Port, à Clermont (65 m de longueur). L'extérieur offre les traits que l'on trouve habituellement dans ce groupe : l'heureuse juxtaposition des volumes et un jeu très savant de masses rectangulaires et hémicylindriques dans l'abside. Cependant, les dimensions particulières ont permis à l'architecte d'ajouter dans l'axe une chapelle à laquelle il a donné une forme rectangulaire. La qualité de la pierre aux couleurs blondes et le décor de mosaïque colorée de l'abside donnent à l'église un aspect moins sévère que celui des édifices du même groupe. Ce parti pris décoratif se retrouve aux façades du transept, plus ornées que d'habitude.

L'intérieur choque par le bariolage excessif dont il a été revêtu au xixe siècle. Quant à la structure de l'édifice, elle est celle des autres églises auvergnates avec une élévation à deux niveaux (grandes arcades et tribunes), une voûte en plein cintre sans doubleaux sur le vaisseau central, une voûte d'arêtes sur les bas-côtés et des piliers carrés avec trois colonnes engagées. Le chœur reprend celui de Clermont avec un hémicycle de huit colonnes, un déambulatoire et cinq chapelles rayonnantes. L'originalité d'Issoire sur le plan architectural est la très grande ampleur de ses proportions et, sur le plan sculptural, ses étonnants chapiteaux dispersés dans la nef et le chœur, ceux du chœur étant d'une qualité exceptionnelle. Les formes sont quelquefois trop ramassées, mais l'originalité de l'artiste éclate dans la façon dont il compose les scènes (Les Saintes Femmes au tombeau, La Cène).

—  Alain ERLANDE-BRANDENBURG

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Pour citer l’article

Alain ERLANDE-BRANDENBURG, « ISSOIRE SAINT-PAUL D' », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/saint-paul-d-issoire/