LA FRESNAYE ROGER DE (1885-1925)

Né au Mans, Roger Noël François André de La Fresnaye, descendant d'une vieille famille normande, mort à quarante ans, a joué un rôle non négligeable dans l'histoire du cubisme français. Élève de l'académie Julian, où il se lie avec Dunoyer de Segonzac, puis de l'académie Ranson, il devient l'élève du nabi Maurice Denis, dont l'influence est évidente sur ses œuvres de jeunesse (La Femme aux chrysanthèmes, Musée national d'art moderne, Paris). En 1911, il fait un voyage en Italie du Nord, et son graphisme s'affirme déjà cubiste dans les croquis qu'il en rapporte. À cette époque, La Fresnaye s'essaye aussi à la sculpture en compagnie de Maillol.

Ses expositions aux côtés des cubistes du groupe de la Section d'or, animé par Jacques Villon, sa participation à la décoration de la Maison cubiste, au Salon d'automne en 1912, l'amènent à une conception personnelle du cubisme. La géométrisation est pour lui facteur d'analyse de l'essence du sujet, comme dans son Cuirassier (Musée national d'art moderne, Paris), variation cubiste sur le thème du Cuirassier blessé de Géricault. Si le paysage l'inspire (vues de Meudon), ce sont surtout les natures mortes qui lui permettent de poursuivre ses recherches dans le sens de l'abstraction (La Cafetière, Museum of Art, Toledo). Avant 1914, c'est aussi la période des grandes compositions comme La Vie conjugale (Minneapolis Institute of Art) dont la perspective brisée crée une étrange intimité ou La Conquête de l'air (Museum of Modern Art, New York) où l'artiste et son frère, représentés en conversation au premier plan, semblent noyés dans l'espace lumineux, traité dans un coloris tonique proche de celui de Robert Delaunay. Pendant la Première Guerre mondiale, sa santé s'altère gravement, et cela modifiera son orientation picturale : jusqu'à sa mort à Grasse, La Fresnaye se consacre essentiellement au dessin (Les Malades) et à des toiles de dimensions réduites qui s'éloignent de plus en plus du cubisme pour approcher d'une sorte de surréalisme (Les Palefreniers, Kunstmuseum, Berne). La pâte est moins transparente, plus sensuelle. Le classicisme de La Fresnaye a pris définitivement le pas sur son cubisme tempéré.

—  Jean-Marie MARQUIS

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Dans le chapitre « Le Salon de la Section d'or »  : […] de 1911 entraîna l'élargissement du mouvement. Plusieurs artistes, parmi lesquels Archipenko, Picabia, La Fresnaye et les frères Duchamp (Jacques Villon, Marcel Duchamp et Duchamp-Villon), rejoignirent ses rangs. C'est dans l'atelier des frères Duchamp, à Puteaux, devenu l'un des lieux de rencontre du mouvement, que des artistes et des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cubisme/#i_8823

SELIGMAN GERMAIN (1893-1978)

  • Écrit par 
  • Marianne ROLAND MICHEL
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de peinture française, qui regroupent aussi bien des manuscrits enluminés que des œuvres de Roger de La Fresnaye. Il consacre à cet artiste deux expositions puis un livre, publié à New York en 1945 : à un court texte analysant l'évolution et les caractéristiques de l'œuvre succédait un catalogue de 49 numéros. Ce travail, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/germain-seligman/#i_8823

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Jean-Marie MARQUIS, « LA FRESNAYE ROGER DE - (1885-1925) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/roger-de-la-fresnaye/