LEBAS RENÉE (1917-2009)

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La chanteuse française Renée Lebas naît à Paris, le 23 avril 1917, dans une famille de juifs roumains réfugiés en France. Elle accomplit ses premiers pas artistiques avec L'Écho du douzième, une antenne de la Fédération du théâtre ouvrier de France. Elle fait la connaissance de Nathan Korb, qui se fera connaître sous le nom de Francis Lemarque. En 1937, elle remporte un radio-crochet organisé par Radio-Cité. Elle commence à se produire au cabaret La Conga, à Paris, où elle rencontre Raymond Asso, auteur de Mon Légionnaire et Pygmalion d'Édith Piaf. Elle enregistre son premier 78-tours en 1939 et signe un contrat avec Pathé-Marconi en mai 1940. L'armistice la contraint à gagner la zone libre. Elle se produit à Cannes en 1941, accompagnée par le pianiste Michel Emer, qui compose et écrit pour elle D'l'autre côté de la rue. Elle crée à Nice Insensiblement, de Paul Misraki. Sur les conseils de Francis Carco, elle se réfugie à Lausanne, en Suisse (son père et sa sœur cadette seront victimes de la rafle du Vél' d'hiv, les 16 et 17 juillet 1942 ; ils ne reviendront pas d'Auschwitz). Renée Lebas chante à la Radio suisse romande, enregistre en 1942 D'l'autre côté de la rue et grave Insensiblement ; en 1943, elle enregistre Exil, texte de François Reichenbach – lui aussi exilé en Suisse – mis en musique par Philippe Gérard, et 14 juillet, du Suisse antinazi Gilles (Jean Villard). Après la Libération, elle se produit à l'ABC, au Théâtre de L'Étoile, à l'Européen, à L'Alhambra, à Bobino... Elle travaille avec des musiciens comme Wal-Berg (Voldemar Rosenberg), Norbert Glanzberg ou Emil Stern, qui va composer en 1946, sur des paroles d'Henri Lemarchand, le plus grand succès de Renée Lebas, la ballade Où es-tu mon amour ?. Elle crée, à la fin de 1945 ou au début de 1946, La Mer de Charles Trenet. En 1948, elle enregistre Elle tourne la Terre, de Léo Ferré, jeune auteur-compositeur alors inconnu. Elle chante Boris Vian (La Valse à Renée), Trenet (Revoir Paris, Fleur bleue, Madame la Pluie, Seule depuis toujours), Francis Carco (Chanson posthume), Ferré (Paris canaille, L'Île Saint-Louis), Pierre Delanoë, Charles Aznavour (Au creux de mon épaule, Sa Jeunesse), Francis Lemarque (Le Temps du muguet), Eddie Barclay, Jacques Brel... Avec La Fontaine endormie d'Emil Stern et Eddy Marnay (1956), Renée Lebas est la première chanteuse à traiter de la Shoah. Plusieurs de ses chansons, comme Tire, tire l'aiguille ou Mammy, sont inspirées du folklore juif ashkénaze. Dans les années 1950, elle chante Garde l'espérance, qui deviendra la Hatikva, hymne de l'État d'Israël. Elle fait ses adieux à la scène en 1963, pour se consacrer à la promotions de chanteurs comme Serge Lama ou Régine. Renée Lebas meurt à Paris, le 18 décembre 2009.

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« LEBAS RENÉE - (1917-2009) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/renee-lebas/