PLANTES VIVACES

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Selon qu'elles fleurissent et fructifient une seule ou plusieurs fois au cours de leur vie, les Angiospermes se répartissent en deux grandes catégories : d'une part celles qui disparaissent entièrement (leurs semences exceptées) dès la fin de leur première fructification, soit au bout d'un an (ou plutôt à la fin de la saison de croissance) pour les plantes annuelles (blé), au bout de deux ans pour les bisannuelles (betterave) et d'un nombre d'années variable selon l'espèce envisagée pour les pluriannuelles (agave) ; d'autre part les plantes susceptibles de floraisons multiples, ou plantes vivaces.

L'appareil végétatif de ces dernières (ainsi d'ailleurs que celui des pluriannuelles et même des bisannuelles) survit donc à travers les saisons (tranchées ou non selon les régions) et les années.

On sait qu'une plante à tige aérienne (hors du sol) s'accroît périodiquement par le jeu de méristèmes secondaires assurant la croissance en épaisseur grâce à la zone génératrice libéro-ligneuse et à la zone subéro-phellodermique et des méristèmes primaires responsables de la croissance en longueur. Des modalités diverses permettent aux plantes, dont une partie de la tige est souterraine (dans le sol), de construire aussi, grâce aux méristèmes, leur appareil végétatif. La survie des méristèmes est donc essentielle à la survie de la plante entière et ce sont d'eux que naissent les bourgeons qui permettront le développement végétatif.

D'après la façon dont les bourgeons sont localisés pendant les périodes de vie ralentie de la plante, le Danois Raunkiaer a distingué chez les plantes vivaces divers types biologiques, inégalement répartis selon les climats.

Les phanérophytes, arbres et arbustes, ont des bourgeons aériens situés très au-dessus du sol. Ce sont probablement les premières plantes vivaces apparues au cours de l'évolution, sous des climats de type équatorial, où elles sont encore les plus nombreuses. Les chaméphytes ont encore des bourgeons aériens, mais situés plus près du sol : la végétation environnante, la neige sous nos latitudes peuvent les protéger des intempéries (beaucoup de plantes de montagne, de déserts, de bords de mer ventés). Les hémicryptophytes voient mourir la presque totalité de leur appareil aérien ; leurs bourgeons sont alors situés au ras du sol (plantes en rosette).

Dans le cas des cryptophytes, toutes les parties aériennes disparaissent, les bourgeons sont alors enfouis dans le sol sur des tiges spécialisées telles que rhizomes, tubercules, plateaux des bulbes écailleux, bulbes solides (géophytes), ou immergés dans l'eau (hydrophytes). En plus d'assurer la croissance d'un même appareil végétatif aérien, le rôle des bourgeons est ici de le renouveler tous les ans, mais aussi de multiplier la plante souvent de façon très efficace et rapide : nombreuses rosettes filles à partir d'une rosette de joubarbe, nombreux plants de pommes de terre à partir d'un même tubercule, nombreuses plantes aquatiques à partir des turions (ou hibernacles) d'un même pied d'utriculaire. Chacune des plantes formées pouvant se séparer de la plante mère et se multiplier à son tour de la même façon, le problème des limites de l'individu se trouve posé, comme chaque fois qu'intervient la multiplication végétative.

Joubarbe des toits

Photographie : Joubarbe des toits

Sempervivum tectorum L., la joubarbe des toits (famille des Crassulaceae), est une plante vivace à feuilles disposées en rosette, chaque rosette mourant après la floraison. Très répandue dans les montagnes d'Europe, facile à cultiver et prolifique, on la mettait autrefois sur les toits de... 

Crédits : Amante Darmanin/ flickr ; CC-BY

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Écrit par :

  • : docteur ès sciences, maître assistant à l'université de Paris-XI

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Pour citer l’article

Monique GUERN, « PLANTES VIVACES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/plantes-vivaces/