DOMINGO PLÁCIDO (1941- )

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Un phénomène, Plácido Domingo ? Certes, ne serait-ce que par la longévité vocale. Et par l'étendue du répertoire de celui qui s'affirme comme le meilleur ténor lirico spinto de son temps : près de cent vingt rôles, de Mozart à Wagner, de Verdi à Puccini. Sans oublier les zarzuelas, chères à son cœur, les créations – Goya de Menotti, Divinas palabras de García Abril, Nicholas and Alexandra de Drattell, The First Emperor de Tan Dun... – la direction d'orchestre, la responsabilité artistique d'illustres maisons d'opéra. Qui d'autre, dans l'univers de l'art lyrique, peut s'enorgueillir d'un tel palmarès ? S'il est bien un adage que Domingo fait mentir, c'est celui qui dit : « Bête comme un ténor ».

Placido Domingo

Photographie : Placido Domingo

Le ténor espagnol Placido Domingo dans le rôle-titre d'Otello, opéra de Giuseppe Verdi. Lincoln Center, New York, 2002. 

Crédits : Jack Vartoogian/ Getty Images

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Un enfant de la balle

Plácido Domingo naît à Madrid le 21 janvier 1941. Il est un enfant de la balle, un vrai. À peine sorti de l'adolescence, il se produit dans la compagnie que dirigent ses parents, eux-mêmes chanteurs. Au Mexique, où ces Espagnols se sont établis en 1949, leur répertoire d'opérettes et de zarzuelas fait la joie des mélomanes, et leur fils tient des petits rôles de baryton léger et de ténor, tandis que dans la capitale il étudie le piano, la direction d'orchestre, la composition, puis le chant. À l'Opéra de Mexico, où il est en troupe entre 1959 et 1961, il fait ses gammes avec quelques silhouettes : l'Empereur Altoum ou Pang (Turandot de Puccini), Borsa (Rigoletto de Verdi), le Remendado (Carmen de Bizet)... Mais, dès 1961 – il n'a que vingt ans –, il incarne à Monterrey Alfredo (La Traviata de Verdi) ; et, en 1962, Rodolfo (La Bohème de Puccini) et Cavaradossi (Tosca de Puccini) lui sont offerts à Mexico, ainsi que Ferrando (Così fan tutte de Mozart) et Edgardo à Fort Worth (Lucia di Lammermoor de Donizetti).

Ces années d'apprentissage sont placées sous le signe de l'éclectisme (Mozart, le bel canto, le vérisme). Un goût de la diversité qui ne fera que s'accentuer par la force des choses puisque, de 1962 à 1965, engagé par l'Opéra national d'Israël à Tel-Aviv, le jeune homme n'affrontera pas moins de dix rôles nouveaux, passant du lyrisme de Nadir (Les Pêcheurs de perles de Bizet) à l'héroïsme de Samson (Samson et Dalila de Saint-Saëns).

Sa carrière prend un tournant décisif lorsqu'en 1965 le New York City Opera fait appel à lui pour Pinkerton (Madama Butterfly de Puccini) puis, en 1966, pour la première aux États-Unis de Don Rodrigo d'Alberto Ginastera (rôle-titre). C'est enfin, en 1968, l'entrée au prestigieux Metropolitan Opera de New York (il remplace Franco Corelli dans le rôle de Maurizio d'Adriana Lecouvreur de Francesco Cilea), ultime marche vers une notoriété internationale qui se développe à grande vitesse. Suivent les Arènes de Vérone (1969), la Scala de Milan, dont il ouvrira plusieurs saisons (la première fois en 1969, dans le rôle-titre d'Ernani de Verdi), le Covent Garden de Londres (Cavaradossi, 1971), l'Opéra de Vienne, celui de Paris (Le Trouvère de Verdi en 1973), le festival de Salzbourg (rôle-titre de Don Carlo de Verdi sous la direction d'Herbert von Karajan en 1975)...

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Michel PAROUTY, « DOMINGO PLÁCIDO (1941- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/placido-domingo/