ÉTAIX PIERRE (1928-2016)

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Acteur, prestidigitateur, musicien, clown, peintre, dessinateur, sculpteur, créateur d’automates, affichiste, humoriste, écrivain, dramaturge, metteur en scène, gagman, scénariste et réalisateur de cinéma, tel était Pierre Étaix.

Né à Roanne le 23 novembre 1928, il découvre à cinq ans le cirque et manifeste aussitôt le désir d’être clown. Il étudie le violon, puis le piano et le dessin. Il rencontre Théodore-Gérard Hanssen, maître-verrier, sous la tutelle duquel il s’initie aux arts plastiques et à la technique du vitrail. Parallèlement, il « joue la comédie, peint des décors de théâtre, fait de la mise en scène, dessine pour la presse, agence des vitrines, monte des numéros de prestidigitation et d’imitation ». Après le service militaire, il s’installe à Paris où il subvient à ses besoins en illustrant des livres.

En 1954, Pierre Étaix rencontre Jacques Tati pour lui montrer ses dessins et lui demander conseil pour un numéro. Celui-ci, qui prépare Mon Oncle, l’engage comme dessinateur et gagman, puis comme assistant sur le tournage ; il réalisera également l’affiche du film. Il se produit ensuite en duo au cirque, comme auguste, avec le clown Nino, puis en solo au cabaret et au music-hall, notamment dans le spectacle Jour de fête à l’Olympia monté par Jacques Tati, tout en poursuivant son activité de dessinateur et illustrateur. Quand il fait la connaissance de Jean-Claude Carrière, ce dernier rédige les adaptations littéraires des Vacances de monsieur Hulot et de Mon Oncle, dont Pierre Étaix réalise les illustrations.

Toujours avec la complicité de Jean-Claude Carrière, Pierre Étaix coécrit, interprète et réalise, entre 1961 et 1968, trois courts-métrages, Rupture, Heureux Anniversaire – lauréat de l’oscar pour le meilleur court-métrage de fiction 1963 – et Insomnie, ainsi que quatre longs-métrages : Le Soupirant, Yoyo, Tant qu’on a la santé et Le Grand Amour, dont l’humour et le ton singuliers lui attirent la sympathie du public et de la critique. Sympathie qu’il s’aliène en 1969 avec un documentaire sur la France d’après mai-68, Pays de Cocagne, « un mélange d’huile de ricin et de vitriol » selon Jean-Louis Bory. Dans l’impossibilité de mener à bien ses projets pour le cinéma, où il fait néanmoins des apparitions en tant qu’acteur, il se consacre au cirque. Avec sa seconde épouse, Annie Fratellini, il se produit en tournée, comme clown blanc cette fois, puis – après avoir écrit, mis en scène et interprété le spectacle À quoi on joue ? (1972) – il crée l’École nationale du cirque (1973).

Yoyo, P. Étaix

Photographie : Yoyo, P. Étaix

Le temps de quelques films inspirés – Heureux Anniversaire, Le Soupirant, Yoyo –, Pierre Étaix se fait l'héritier des étoiles du burlesque, Max Linder, Mack Sennett, Buster Keaton, entre autres. 

Crédits : Capac/ The Kobal Collection/ Aurimages

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Dans les années 1980, Pierre Étaix publie plusieurs livres de croquis et de dessins, puis écrit et interprète une pièce de théâtre, L’Âge de Monsieur est avancé (1985), brillant hommage à Sacha Guitry. Son succès est tel qu’on lui propose d’en réaliser une version télévisée (1987) dont la diffusion l’amène à réaliser deux courts-métrages et un épisode de série pour le petit écran, avant de revenir au cinéma en signant J’écris dans l’espace (1989), première fiction pour le procédé Omnimax, présentée à la Géode à l’occasion du bicentenaire de la Révolution. S’il ne parvient pas à tourner d’autres films, il n’en demeure pas moins très actif, dessinant des affiches, publiant des livres de textes, de dessins et de photographies, interprétant des rôles au cinéma et à la télévision. En 2010, il écrit, interprète et dirige un nouveau spectacle, Miousik Papillon. Il meurt à Paris le 14 octobre 2016.

Pour disparate qu'ait été son activité créatrice, Pierre Étaix faisait preuve de maîtrise technique, d’un sens esthétique aigu, d’une grande rigueur dans l’exécution et d’un humour qui, pour être « tendre » et d’une indéfinissable poésie, n’en était pas moins féroce.

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Écrit par :

  • : critique et historien de cinéma, professeur d'histoire du cinéma

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Pour citer l’article

Alain GAREL, « ÉTAIX PIERRE - (1928-2016) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-etaix/